Interdiction de territoire médicale au Canada : maladies, seuils 2026 et stratégies pour éviter un refus
Imagine : tu viens de recevoir ton offre d’emploi au Canada, tu rêves déjà de neige, de poutine et d’un avenir prometteur… mais ton dossier médical bloque ton visa. Pas très glamour. Et pourtant, c’est une réalité : IRCC rappelle que la proportion de demandes (résidence permanente et temporaire) touchées par une inadmissibilité ou une autorisation avec surveillance médicale reste généralement sous 3 % selon ses indicateurs officiels. (Canada)
Oui, ta santé peut te rendre interdit de territoire au Canada — mais uniquement dans trois cas précis prévus par la Loi sur l’immigration et la protection des réfugiés (LIPR). (Canada)
Cet article démêle le vrai du faux, t’explique le seuil de coûts médicaux 2026, et te montre comment éviter qu’un problème de santé ne ruine ton projet d’immigration.
1) Danger pour la santé publique
C’est la raison la plus évidente : le Canada protège la population contre les maladies transmissibles actives.
Exemples typiques
- Tuberculose active (contagieuse)
- Syphilis infectieuse
- Certaines infections sévères avec risque de transmission
Important : ce n’est pas “maladie = refus”. Si tu es en traitement, non contagieux ou stabilisé, IRCC peut accepter ta demande, parfois avec conditions de surveillance. Les indicateurs officiels d’IRCC montrent d’ailleurs que les cas “inadmissibles santé + surveillance” restent généralement ≤ 3 %. (Canada)
2) Danger pour la sécurité publique
Moins connu : il vise les conditions médicales susceptibles de rendre un comportement dangereux pour autrui (pas “la santé mentale” en général).
Exemples possibles
- Troubles psychiatriques avec épisodes agressifs non traités
- États psychotiques non stabilisés
- Troubles neurologiques entraînant des pertes de contrôle soudaines
Ici, un traitement efficace + un suivi médical documenté suffisent souvent à rassurer l’évaluation.
3) Fardeau excessif pour les services de santé et services sociaux (le point le plus technique)
C’est la partie qui cause le plus de stress, surtout pour les maladies chroniques et certains handicaps.
Seuil 2026
En 2026, le seuil est largement rapporté à :
- 144 390 $ sur 5 ans
- soit 28 878 $/an (Immigration 2 Canada)
Si les coûts prévisibles (santé et services sociaux) dépassent ce montant, IRCC peut conclure à un fardeau excessif.
Exemples de situations à risque
- Insuffisance rénale avec dialyse régulière
- Besoins de soutien intensif à long terme (soins, aides, services spécialisés)
- Certaines maladies neurologiques graves avec assistance continue
👉 À noter : IRCC ne “bannit” pas automatiquement le VIH, le cancer, l’hépatite, le diabète, etc. L’analyse est prévisionnelle (coûts sur 5 ans) et individualisée.
4) Les exemptions légales (très important)
Le “fardeau excessif” ne s’applique pas à certaines catégories (exemptions prévues par la LIPR). En pratique, cela couvre notamment :
- Réfugiés et personnes protégées
- Époux/conjoint de fait et enfant à charge parrainés (regroupement familial proche)
5) Comment IRCC évalue ton dossier médical
L’examen médical d’immigration (EMI) est obligatoire pour :
- tous les demandeurs de résidence permanente (dans la plupart des cas)
- certains travailleurs/étudiants selon pays, durée et profession
Processus :
- examen chez un médecin désigné
- transmission à IRCC
- analyse selon : santé publique, sécurité publique, fardeau excessif
6) Plan d’atténuation : la clé quand IRCC craint un dépassement du seuil
Si IRCC considère que tu pourrais dépasser le seuil, tu peux être invité à soumettre un plan d’atténuation (mitigation plan). IRCC précise que tout le monde ne peut pas en soumettre un : si ça s’applique, tu seras invité et ton plan doit être crédible, détaillé et personnalisé. (Canada)
Contenu recommandé
- Assurance privée pertinente (avec limites et exclusions claires)
- Preuves de revenus/épargne
- Lettres de spécialistes (stabilité, pronostic, plan de suivi)
- Stratégie concrète de prise en charge (pas de promesses vagues)
7) Maladies fréquentes : mythe vs réalité (2026)
| Condition | Entrée possible ? | Conditions (souvent déterminantes) |
|---|---|---|
| VIH | Oui | stabilité, suivi, coûts maîtrisés |
| Cancer | Oui | rémission / traitement prévisible sous seuil |
| Hépatite B/C | Oui | contagiosité maîtrisée + coûts |
| Diabète | Oui | bien contrôlé, complications limitées |
| Tuberculose active | Non tant que contagieuse | réévaluation après traitement |
| Maladie mentale sévère | Oui si stabilisée | preuves de traitement + faible risque sécurité |
| Insuffisance rénale | Difficile | risque élevé de dépassement du seuil |
8) Données IRCC : les refus/conditions santé restent minoritaires
Dans son plan ministériel 2025–2026, IRCC indique que la proportion de demandeurs jugés inadmissibles pour motifs de santé ou autorisés avec surveillance se situe dans les dernières années autour de ~2–3 % (ex. : 2,98 % pour certains indicateurs liés aux demandeurs de résidence permanente en 2023; 2,23 % pour certains volets temporaires en 2023). (Canada)
9) Conseils professionnels
- Anticipe : si tu as une condition connue, prépare tes rapports avant l’EMI.
- Documente : bilans récents, lettres de spécialistes, stabilité du traitement.
- Calcule : estime les coûts sur 5 ans vs seuil 2026.
- Prépare une réponse : si IRCC envoie une intention de refus, réponds avec preuves + plan d’atténuation (si invité).
FAQ – Maladies et immigration au Canada (2026)
1. Quelles maladies sont interdites au Canada ?
Aucune maladie n’est “interdite” en soi : IRCC applique les 3 critères (santé publique, sécurité publique, fardeau excessif).
2. Le VIH empêche-t-il d’immigrer ?
Non automatiquement. Tout dépend du suivi, de la stabilité et du coût prévisible.
3. C’est quoi le seuil de coûts en 2026 ?
Il est largement rapporté à 144 390 $ sur 5 ans (28 878 $/an). (Immigration 2 Canada)
4. Que faire si je reçois une intention de refus médical ?
Répondre dans les délais avec des preuves médicales et, si IRCC te l’autorise, un plan d’atténuation crédible. (Canada)
5. Peut-on être accepté avec une condition médicale ?
Oui, IRCC comptabilise aussi les admissions avec surveillance médicale dans ses indicateurs. (Canada)
Conclusion
Être malade n’est pas un obstacle automatique à ton rêve canadien. Le système évalue le risque, la sécurité et les coûts, pas la valeur d’une personne. Et si ton dossier est borderline, ce sont souvent les preuves + un plan d’atténuation réaliste (quand IRCC te le permet) qui font la différence. (Canada)
👉 Si tu veux évaluer ton risque ou répondre à une intention de refus, contacte un professionnel qualifié.
Ali Hisseine Ladoual — Consultant réglementé en immigration canadienne (Montréal).



