Introduction
Le Programme de l’expérience québécoise (PEQ) a longtemps été la voie la plus directe vers le CSQ pour les étudiants étrangers diplômés au Québec et les travailleurs temporaires déjà installés dans la province. Mais depuis fin 2024, la “voie royale” s’est transformée en parcours d’obstacles… puis en impasse.
Après une première suspension du volet Diplômés du Québec le 31 octobre 2024 (mesure d’abord annoncée jusqu’au 30 juin 2025), le gouvernement a ensuite suspendu le volet Travailleurs étrangers temporaires le 5 juin 2025 et prolongé le gel du volet diplômés jusqu’au 30 novembre 2025. (Gouvernement du Québec)
Mais l’élément que beaucoup ont découvert trop tard est le suivant : le PEQ ne reviendra pas sous sa forme précédente. Le gouvernement du Québec a mis fin au PEQ, et il n’est plus possible de présenter une demande dans les deux volets. La fin du programme est entrée en vigueur le 19 novembre 2025. (Gouvernement du Québec)
Cet article (version 2026) fait le point sur :
- ce qu’était le PEQ et pourquoi il a été gelé puis fermé;
- ce que signifie concrètement “fin du PEQ” pour les dossiers et les statuts au Québec;
- les alternatives réalistes en 2026 (PSTQ/Arrima, pilotes, voies fédérales, stratégies de maintien de statut);
- les erreurs à éviter et les meilleures pratiques pour rester éligible à la résidence permanente.
1) Qu’est-ce que le PEQ (avant sa fin) ?
Le PEQ permettait d’obtenir un Certificat de sélection du Québec (CSQ) – étape provinciale préalable à la résidence permanente – en misant sur une logique simple : retenir des personnes déjà intégrées, déjà francisées (ou en bonne voie), déjà insérées en emploi ou diplômées localement.
Les deux volets historiques :
- Diplômés du Québec (étudiants étrangers ayant complété un diplôme admissible au Québec)
- Travailleurs étrangers temporaires (expérience de travail qualifiée au Québec)
L’avantage du PEQ, c’était sa promesse : un parcours “territorial”, plus rapide et plus prévisible que les programmes à invitation.
2) De la suspension à la fermeture : chronologie officielle
Octobre 2024 : gel du volet Diplômés
Le Québec annonce la suspension de la réception des nouvelles demandes dans le volet “Diplômés du Québec” à compter du 31 octobre 2024, initialement jusqu’au 30 juin 2025 au plus tard. (Gouvernement du Québec)
Juin 2025 : gel du volet Travailleurs + prolongation du gel Diplômés
Le 5 juin 2025, Québec :
- prolonge le gel du volet Diplômés jusqu’au 30 novembre 2025
- suspend la réception des demandes du volet Travailleurs étrangers temporaires jusqu’au 30 novembre 2025 (Gouvernement du Québec)
Novembre 2025 : fin du PEQ
Le gouvernement confirme ensuite la fin du PEQ et précise qu’il n’est plus possible de présenter une demande dans les deux volets. La fermeture est effective depuis le 19 novembre 2025. (Gouvernement du Québec)
👉 Donc, en 2026, ce n’est pas “un gel temporaire” : le PEQ est officiellement terminé.
3) Pourquoi le Québec a fermé le PEQ ?
Officiellement, le Québec a inscrit ces décisions dans une refonte plus large : maîtrise des volumes, capacité d’accueil, intégration et arrimage aux besoins économiques. Les annonces sur la planification 2026–2029 et le plan 2026 confirment une volonté de restructurer la sélection permanente et de rediriger les candidats vers Arrima. (Gouvernement du Québec)
Dans les faits, plusieurs facteurs se combinent :
- Pression sur les volumes (hausse des résidents non permanents, débats sur la capacité d’accueil)
- Délais et engorgement (lorsqu’un programme devient “automatique”, il attire massivement)
- Volonté de sélection plus ciblée (profils, secteurs, régions, niveau de français)
- Uniformisation : un seul canal principal de sélection des travailleurs qualifiés via Arrima/PSTQ
4) Ce que “fin du PEQ” change concrètement en 2026
4.1 Plus aucune nouvelle demande PEQ
C’est le point central : aucune demande ne peut être déposée, ni dans le volet Diplômés ni dans le volet Travailleurs. (Gouvernement du Québec)
4.2 Les dossiers déjà soumis continuent d’être traités
Le MIFI précise que toutes les demandes déjà présentées dans le cadre du PEQ continuent d’être examinées. (Gouvernement du Québec)
4.3 La “voie par défaut” devient Arrima : PSTQ
Le Québec dirige désormais les candidats vers Arrima, et le programme phare des travailleurs qualifiés est le PSTQ (Programme de sélection des travailleurs qualifiés), qui a remplacé le PRTQ. (Gouvernement du Québec)
5) PRTQ, PSTQ, Arrima : la nouvelle réalité (2026)
Beaucoup de candidats parlent encore du “PRTQ”, mais en 2026 il faut parler PSTQ.
- Le gouvernement du Québec confirme que le PRTQ a été remplacé par le PSTQ. (Gouvernement du Québec)
- Le mécanisme de base : déclaration d’intérêt dans Arrima, puis invitation selon des critères et des besoins. (Gouvernement du Québec)
📍 Ce changement est psychologiquement important : on passe d’un programme “droit au dépôt si tu qualifies” (PEQ, dans l’esprit) à un système plus compétitif “tu peux être éligible, mais pas invité tout de suite”.
6) Alternatives au PEQ en 2026
Voici les voies les plus réalistes selon les profils.
A) PSTQ (Arrima) – voie provinciale principale
C’est la voie que Québec met en avant : déclare ton intérêt dans Arrima. (Gouvernement du Québec)
Pourquoi c’est intéressant :
- tu peux capitaliser sur ton expérience/études au Québec (selon les paramètres du programme);
- le Québec peut cibler des secteurs et favoriser l’établissement en région (logique annoncée dans le plan). (Gouvernement du Québec)
B) Programmes pilotes du Québec (attention aux dates)
Le gouvernement a indiqué que trois programmes pilotes d’immigration permanente se terminaient comme prévu le 1er janvier 2026. (Gouvernement du Québec)
👉 Donc en 2026, il faut vérifier au cas par cas ce qui a été reconduit, remplacé ou fermé (les programmes pilotes changent vite).
C) Voies fédérales (hors Québec) : Entrée express
Si tu es mobile et prêt à t’établir hors Québec, Entrée express peut être une option. Mais : si tu vis et travailles au Québec, ton intention d’établissement doit être cohérente avec la province visée (c’est un point sensible en pratique).
D) Programmes des candidats des provinces (hors Québec)
Même logique : option si tu es prêt à quitter le Québec. Certaines provinces ont des volets francophones ou des besoins forts.
E) Stratégie “statut d’abord, RP ensuite”
Vu la fermeture du PEQ et la logique d’invitations, beaucoup de candidats doivent surtout sécuriser :
- un permis de travail valide
- une continuité d’emploi
- un niveau de français solide
… le temps d’obtenir une invitation (PSTQ) ou d’ouvrir une autre voie.
7) Le français : encore plus central en 2026
Même si les critères exacts varient selon les programmes, la planification 2026–2029 montre que le Québec veut renforcer l’intégration et la capacité d’accueil, et le français reste au cœur de cette stratégie. (Gouvernement du Québec)
En clair : en 2026, le français n’est pas un bonus, c’est souvent le facteur qui te fait passer du statut “profil admissible” à “profil sélectionnable”.
8) Erreurs à éviter
- Attendre un “retour du PEQ” : il est officiellement terminé. (Gouvernement du Québec)
- Confondre PRTQ et PSTQ : le PRTQ est remplacé. (Gouvernement du Québec)
- Négliger ton statut (permis expiré, renouvellement tardif, employeur non conforme) : tu peux perdre des mois.
- Sous-estimer le français : même avec un bon emploi, la sélection peut dépendre du niveau linguistique et de la capacité d’intégration.
- Rester passif sur Arrima : profil incomplet, documents non prêts, mise à jour oubliée = invitation ratée.
9) Conseils d’un consultant réglementé en immigration canadienne à Montréal
Quand un client me consulte en 2026 après la fin du PEQ, ma logique est simple :
- Sécuriser le statut (permis de travail / études / maintien du statut si nécessaire)
- Construire un dossier “prêt à l’invitation” pour Arrima/PSTQ
- Renforcer 2 leviers : français + stabilité d’emploi qualifié
- Préparer un plan B (mobilité hors Québec / voie fédérale / autre admissibilité)
L’objectif n’est plus “déposer vite au PEQ”, mais rester sélectionnable dans un système plus stratégique et plus mouvant.
10) FAQ (2026)
1) Peut-on présenter une demande PEQ en 2026 ?
Non. Le PEQ est terminé et aucune nouvelle demande n’est acceptée. (Gouvernement du Québec)
2) La fin du PEQ est entrée en vigueur quand ?
Le gouvernement indique que la fin est entrée en vigueur le 19 novembre 2025. (Gouvernement du Québec)
3) Que se passe-t-il si j’avais déjà déposé une demande PEQ ?
Les demandes déjà soumises continuent d’être examinées par le MIFI. (Gouvernement du Québec)
4) Quelle est la voie principale maintenant ?
Le Québec redirige les candidats vers Arrima, via le PSTQ. (Gouvernement du Québec)
5) Le PRTQ existe encore ?
Non : il a été remplacé par le PSTQ. (Gouvernement du Québec)
6) Est-ce que les programmes pilotes existent encore en 2026 ?
Le gouvernement a indiqué que trois pilotes se terminaient le 1er janvier 2026; il faut vérifier ceux qui ont été renouvelés ou remplacés. (Gouvernement du Québec)
7) Puis-je passer par Entrée express tout en restant au Québec ?
Entrée express vise généralement une intention de résidence hors Québec. Si tu es installé au Québec, il faut une stratégie cohérente et documentée.
8) Est-ce que mon expérience au Québec sert encore ?
Oui : elle peut servir dans Arrima/PSTQ et dans d’autres voies, mais elle ne donne plus un “accès direct” type PEQ.
9) Que faire maintenant si je suis travailleur temporaire au Québec ?
Assure ton statut, consolide ton dossier (français, emploi, documents), déclare ton intérêt dans Arrima et prépare un plan B.
Conclusion
En 2026, il faut être clair : le PEQ est terminé. La promesse d’une voie rapide et quasi automatique n’existe plus, et les candidats doivent s’adapter à un modèle plus stratégique où Arrima/PSTQ devient la porte d’entrée principale. (Gouvernement du Québec)
La bonne approche aujourd’hui :
- sécuriser ton statut temporaire,
- renforcer ton français,
- garder un dossier “prêt à l’invitation”,
- et éviter de miser sur un retour du PEQ tel qu’on l’a connu.
Si tu veux une analyse de ton profil et une stratégie personnalisée (PSTQ, alternatives, maintien de statut), écris à : contact@ladoualimmigration.ca
— Ali Hisseine Ladoual, Consultant réglementé en immigration canadienne à Montréal (CRIC).



