Introduction
Recevoir une lettre de refus d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) est toujours un moment difficile, surtout lorsqu’il s’agit de la non-admissibilité d’un enfant à charge. Ce type de refus touche de nombreuses familles, souvent parce qu’elles ne connaissent pas les critères exacts de ce que le Canada considère comme un « enfant à charge » au sens du Règlement sur l’immigration et la protection des réfugiés (RIPR).
En 2024, plusieurs cas recensés sur CanLII ont confirmé que des demandes ont été refusées simplement parce qu’un enfant dépassait légèrement l’âge limite ou ne démontrait plus de dépendance financière envers le parent demandeur. D’autres cas impliquent des situations complexes d’adoption, de garde légale ou de handicap non prouvé par des documents médicaux complets.
Le refus repose en général sur les articles 2 et 72.8 du RIPR, qui établissent la définition précise d’un enfant à charge. Si un enfant ne répond pas à ces critères, il est considéré comme non admissible dans la demande de résidence permanente.
Cet article vous expliquera, de manière claire et complète, pourquoi ces refus surviennent, comment les éviter et quelles démarches entreprendre pour régulariser la situation ou présenter une nouvelle demande avec succès.
1. Pourquoi une demande de résidence permanente peut-elle être refusée pour non-admissibilité d’un enfant à charge ?
1.1. La définition légale d’un enfant à charge selon le RIPR
L’article 2 du RIPR définit de manière précise ce qu’est un « enfant à charge ». Ce terme ne se limite pas à la simple relation biologique ou adoptive, mais inclut des conditions d’âge, de situation matrimoniale et de dépendance économique.
Voici les deux grandes catégories d’enfants à charge reconnues par IRCC :
📌 Catégorie 1 : Enfant biologique ou adopté
- L’enfant doit être l’enfant biologique du demandeur ou un enfant adopté légalement.
- Il ne doit pas avoir été adopté par une autre personne que l’époux ou le conjoint de fait du parent biologique.
- L’adoption doit être conforme aux lois du pays d’origine et validée par un tribunal compétent.
📌 Catégorie 2 : Dépendance financière et âge
- L’enfant doit être âgé de moins de 19 ans au moment du dépôt de la demande, et ne pas être marié ni conjoint de fait.
- OU être âgé de 19 ans ou plus, mais entièrement dépendant financièrement d’un parent en raison d’une incapacité physique ou mentale.
Ces critères semblent simples, mais de nombreux dossiers échouent parce que certains détails ne sont pas respectés ou prouvés de manière convaincante.
1.2. Raisons fréquentes de refus pour non-admissibilité d’un enfant
Lorsqu’un agent d’immigration analyse un dossier, il vérifie si chaque membre de la famille répond aux critères réglementaires.
Un refus survient souvent pour les raisons suivantes :
- ❌ L’enfant a dépassé l’âge de 19 ans et n’est plus financièrement dépendant du parent.
- ❌ Aucune preuve médicale ne démontre une incapacité justifiant une dépendance économique.
- ❌ L’adoption n’est pas conforme aux exigences légales canadiennes.
- ❌ Le lien de filiation n’est pas clairement établi (par exemple, absence d’acte de naissance officiel).
- ❌ L’enfant est marié ou conjoint de fait, ce qui le rend automatiquement non admissible.
⚠️ Conséquence : L’enfant est exclu de la demande de résidence permanente, et dans certains cas, cette exclusion peut retarder ou compromettre toute la demande familiale.
2. Comment éviter un refus pour non-admissibilité d’un enfant à charge ?
2.1. Vérifier l’âge et la dépendance financière avant de soumettre la demande
Avant toute chose, il faut s’assurer que l’enfant respecte les conditions d’âge et de dépendance au moment du dépôt.
🔹 Si l’enfant a moins de 19 ans :
- Il doit être célibataire.
- Il doit dépendre financièrement du parent demandeur pour ses besoins essentiels.
🔹 Si l’enfant a 19 ans ou plus :
- Il doit prouver qu’il ne peut subvenir à ses besoins en raison d’un handicap physique ou mental.
- Cette dépendance doit être continue depuis avant ses 19 ans.
📁 Documents recommandés :
- Relevés bancaires prouvant la dépendance financière.
- Factures de scolarité ou reçus de dépenses payés par le parent.
- Rapports médicaux récents si l’enfant présente un handicap.
- Attestation de l’établissement scolaire (si l’enfant étudie à temps plein).
💡 Astuce pratique : IRCC n’accepte pas les simples déclarations sur l’honneur. Chaque élément doit être appuyé par un document officiel.
2.2. Assurer la conformité juridique de l’adoption ou du lien de filiation
Les situations d’adoption internationale sont parmi les plus complexes en droit de l’immigration canadien.
Un enfant adopté doit avoir été adopté dans le respect des lois du pays d’origine et du droit canadien.
⚖️ Conditions essentielles :
- L’adoption doit être pleinement légale et définitive.
- L’enfant ne doit pas avoir été adopté par une autre personne que le conjoint de fait ou époux du parent biologique.
- L’adoption doit démontrer une intégration familiale réelle (preuve de cohabitation, prise en charge, etc.).
📁 Documents à fournir :
- Acte d’adoption officiel et jugement du tribunal.
- Traduction certifiée conforme (si rédigé dans une autre langue).
- Preuves de soutien matériel et affectif : transferts bancaires, photos, correspondances.
- Certificat de naissance mis à jour, indiquant le parent adoptif.
⚠️ Attention : Les adoptions coutumières (non légalisées par un tribunal) ne sont pas reconnues par IRCC, sauf dans certaines communautés autochtones ou cas particuliers.
3. Que faire après un refus pour non-admissibilité d’un enfant à charge ?
3.1. Lire et analyser la lettre de refus
Chaque décision d’IRCC est accompagnée d’une lettre explicative. Elle mentionne :
- Les articles de loi applicables (ici les articles 2 et 72.8 du RIPR).
- Les motifs précis du refus (âge, absence de dépendance, adoption non conforme, etc.).
- Les options possibles : nouvelle demande, motifs humanitaires, ou retrait de l’enfant du dossier.
Avant toute réaction, il est essentiel de comprendre exactement la raison du refus. Dans certains cas, une simple erreur documentaire peut être corrigée lors d’une nouvelle demande.
3.2. Présenter une nouvelle demande de résidence permanente
Si l’enfant est effectivement non admissible, la meilleure option est de retirer cet enfant du dossier et de présenter une nouvelle demande conforme.
Assurez-vous que :
- Tous les membres inclus dans la nouvelle demande respectent les critères du RIPR.
- Les documents d’état civil (actes de naissance, certificats de mariage, adoptions) soient authentiques et à jour.
- Les preuves financières soient claires et cohérentes.
🕓 Délai conseillé : Attendez de recevoir la décision finale avant de déposer une nouvelle demande, afin d’éviter des chevauchements administratifs.
3.3. Envisager une demande pour motifs humanitaires (H&C)
Lorsqu’un enfant ne peut pas être inclus légalement mais que son exclusion cause des difficultés graves, une demande fondée sur des considérations d’ordre humanitaire (H&C) peut être envisagée.
📌 Exemples de situations justifiant une demande H&C :
- L’enfant dépend totalement de son parent pour des raisons médicales ou sociales.
- Il n’a aucun autre soutien familial ou financier dans son pays d’origine.
- Sa séparation du parent causerait des conséquences préjudiciables à son bien-être.
📄 Documents à joindre à une demande H&C :
- Rapports psychologiques ou médicaux.
- Témoignages de proches, enseignants ou professionnels de santé.
- Preuves de dépendance financière continue.
- Lettre explicative du parent demandeur détaillant les impacts humains du refus.
💬 Conseil d’expert : Les demandes H&C sont évaluées de manière discrétionnaire. Une présentation claire, sincère et documentée augmente considérablement les chances d’acceptation.
3.4. Consulter un professionnel en immigration
Un avocat ou un consultant agréé par le Collège des consultants en immigration et en citoyenneté (CICC) peut :
- Analyser la lettre de refus et identifier les failles du dossier.
- Évaluer la faisabilité d’une nouvelle demande ou d’une demande H&C.
- Préparer les arguments juridiques nécessaires si une révision judiciaire est envisagée devant la Cour fédérale.
👨⚖️ Exemple : En 2023, la Cour fédérale a accepté d’examiner un cas où un enfant de 20 ans, souffrant d’un trouble du spectre de l’autisme, avait été exclu à tort. Le juge a estimé que l’agent n’avait pas suffisamment tenu compte des preuves médicales fournies (Référence : 2023 CF 721, CanLII).
4. FAQ – Questions fréquentes sur la non-admissibilité d’un enfant à charge
1. Puis-je contester la décision d’IRCC ?
Il n’existe pas de droit d’appel administratif pour ce type de refus. Toutefois, une révision judiciaire peut être demandée à la Cour fédérale du Canada si la décision semble déraisonnable ou entachée d’erreurs de droit.
2. Mon enfant a 20 ans mais est encore aux études à temps plein. Peut-il être inclus ?
Non, sauf s’il souffre d’un handicap le rendant financièrement dépendant. Les études seules ne constituent pas un motif de dépendance au sens du RIPR.
3. Mon enfant adopté n’a pas encore un jugement final. Que faire ?
IRCC exige un jugement définitif d’adoption avant l’approbation. Si la procédure est en cours, il vaut mieux attendre la décision judiciaire avant de déposer la demande.
4. Puis-je parrainer mon enfant plus tard s’il n’a pas été inclus ?
Oui. Une fois résident permanent, vous pouvez présenter un parrainage familial pour votre enfant, à condition qu’il remplisse encore les critères d’âge et de dépendance à ce moment-là.
5. Quelles preuves sont acceptées pour démontrer la dépendance financière ?
Des relevés bancaires, factures de scolarité, contrats de location au nom du parent, ou tout autre document attestant que le parent subvient aux besoins de l’enfant.
6. Puis-je ajouter l’enfant plus tard dans la demande en cours ?
Non, sauf dans de rares circonstances (naissance d’un nouvel enfant, changement de statut légal). L’ajout d’un enfant après soumission peut nécessiter une nouvelle évaluation complète.
5. Conclusion
Un refus de résidence permanente pour non-admissibilité d’un enfant à charge est une épreuve émotionnelle et administrative, mais il ne marque pas la fin du projet d’immigration.
Le plus important est de comprendre les critères juridiques, corriger les erreurs documentaires et adopter une stratégie adaptée à votre situation familiale.
✅ Résumé des actions à entreprendre :
- Vérifiez l’âge et la dépendance financière de l’enfant avant toute nouvelle demande.
- Assurez-vous que l’adoption ou la filiation respecte le cadre légal canadien.
- Si l’enfant est exclu, explorez la voie humanitaire (H&C) pour préserver l’unité familiale.
- Faites-vous accompagner par un professionnel agréé pour maximiser vos chances de succès.
📢 Besoin d’aide ?
Si votre demande a été refusée en raison de la non-admissibilité d’un enfant à charge, contactez un avocat ou un consultant agréé.
Un accompagnement professionnel vous permettra d’éviter de nouvelles erreurs et d’augmenter vos chances de réussite lors d’une future demande.



