Le 28 novembre 2025, Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) a publié une mise à jour déterminante concernant les permis de travail délivrés aux points d’entrée (PDE) pour deux catégories essentielles du Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET) :
- les travailleurs agricoles saisonniers (PTAS) ;
- les travailleurs des usines de transformation du poisson et des fruits de mer.
Cette clarification administrative redéfinit qui peut encore présenter une demande de permis de travail directement à la frontière canadienne — et dans quelles conditions strictes.
L’objectif est clair :
👉 harmoniser les pratiques entre IRCC et l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC),
👉 éviter les demandes inadmissibles à la frontière,
👉 sécuriser juridiquement le traitement des permis,
👉 protéger les travailleurs contre les refus imprévus.
En 2026, cette réforme a des implications majeures pour les employeurs agricoles, les provinces côtières et des dizaines de milliers de travailleurs étrangers temporaires.
📌 Résumé rapide (Snippet Ready)
Depuis la mise à jour du 28 novembre 2025, seuls les travailleurs agricoles saisonniers (PTAS) et certains travailleurs des usines de transformation du poisson peuvent encore demander un permis de travail au point d’entrée. Les autres travailleurs doivent obligatoirement déposer leur demande en ligne avant d’arriver au Canada.
1️⃣ Contexte : le rôle central du PTET dans l’économie canadienne
Le Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET) permet aux employeurs d’embaucher des travailleurs étrangers lorsque :
- aucun citoyen canadien,
- ni résident permanent,
n’est disponible pour occuper le poste.
Deux volets sont stratégiques :
🔹 Le Programme des travailleurs agricoles saisonniers (PTAS)
Créé en 1966, le PTAS repose sur des ententes bilatérales entre le Canada et plusieurs pays partenaires (Mexique, Jamaïque, Guatemala, Trinité-et-Tobago, etc.).
Il permet :
- un permis de travail fermé ;
- d’une durée maximale de 8 mois ;
- pour des emplois saisonniers agricoles.
Chaque année, plus de 60 000 travailleurs agricoles saisonniers arrivent au Canada.
🔹 Les usines de transformation du poisson et des fruits de mer
Dans les provinces atlantiques :
- Nouveau-Brunswick
- Nouvelle-Écosse
- Terre-Neuve-et-Labrador
- Île-du-Prince-Édouard
le secteur des pêches dépend massivement du PTET.
Ces entreprises bénéficient d’une dispense partielle à la limite de 20 % de postes à bas salaire, en raison du caractère vital et saisonnier de l’industrie.
2️⃣ Pourquoi IRCC a modifié les règles en 2025 ?
Depuis 2024, IRCC a restreint la possibilité pour les étrangers déjà au Canada de demander un nouveau permis de travail directement à la frontière.
Problème observé :
- Des résidents temporaires tentaient de contourner la procédure normale.
- Certains renouvelaient leur permis en “tour du poteau”.
- Les agents de l’ASFC faisaient face à des cas juridiquement flous.
Résultat :
- incohérences de traitement ;
- refus imprévus ;
- confusion administrative.
La mise à jour du 28 novembre 2025 vise donc à établir un cadre strict et uniforme.
3️⃣ Qui peut encore demander un permis de travail au point d’entrée en 2026 ?
✅ Admissibles au point d’entrée
Travailleurs agricoles saisonniers (PTAS)
Ils peuvent encore demander un permis au PDE s’ils :
- arrivent de l’étranger ;
- disposent d’une EIMT valide ;
- possèdent une offre d’emploi approuvée ;
- sont identifiés comme travailleurs PTAS.
Travailleurs des usines de transformation du poisson
Admissibles si :
- poste approuvé sous PTET ;
- EIMT valide ;
- coordination préalable avec l’ASFC ;
- entrée planifiée par l’employeur.
❌ Non admissibles au point d’entrée
Ne peuvent plus déposer une demande à la frontière :
- étudiants internationaux ;
- visiteurs ;
- travailleurs d’autres secteurs ;
- personnes au statut expiré ;
- travailleurs souhaitant changer d’employeur.
Ces candidats doivent obligatoirement déposer une demande en ligne auprès d’IRCC.
4️⃣ Types de permis concernés
| Type de permis | Programme | Demande au PDE |
|---|---|---|
| Permis fermé – agriculture | PTAS | ✅ Oui |
| Permis fermé – poisson/fruits de mer | PTET | ✅ Oui (conditions strictes) |
| Permis ouvert | Tous | ❌ Non |
| Changement d’employeur | Tous | ❌ Non |
| Renouvellement de permis | Tous | ❌ Non |
5️⃣ Documents obligatoires à la frontière
Un travailleur admissible doit présenter :
- Passeport valide
- EIMT approuvée
- Contrat signé
- Lettre d’offre d’emploi
- Lettre d’introduction IRCC (si applicable)
⚠ Toute omission peut entraîner un refus d’entrée.
6️⃣ Impacts pour les employeurs
Les producteurs agricoles et les usines doivent désormais :
- planifier les arrivées à l’avance ;
- vérifier l’admissibilité exacte des travailleurs ;
- éviter d’envoyer un employé inadmissible à la frontière.
Conséquences possibles d’une erreur :
- refus d’entrée ;
- retards de production ;
- pertes financières importantes.
7️⃣ Impacts pour les travailleurs étrangers
Cette clarification protège également les travailleurs contre :
- les faux intermédiaires promettant une régularisation à la frontière ;
- les refus imprévus ;
- la perte de statut.
Un point crucial :
Le point d’entrée n’est plus un outil de régularisation.
8️⃣ Coordination IRCC – ASFC : un cadre enfin harmonisé
IRCC
- Établit les règles
- Délivre les autorisations
- Traite les demandes en ligne
ASFC
- Vérifie les documents à l’arrivée
- Applique les instructions
- Délivre le permis physique
La mise à jour unifie désormais les pratiques dans tous les aéroports et postes terrestres.
9️⃣ Pourquoi cette précision est cruciale pour le PTAS ?
Avec plus de 60 000 arrivées annuelles :
- Une simple erreur peut bloquer des centaines de travailleurs.
- Les récoltes agricoles sont strictement chronométrées.
- Les retards peuvent compromettre des contrats d’exportation.
La clarification permet :
- un flux migratoire stable ;
- une sécurité juridique accrue ;
- une meilleure protection des droits.
🔟 Cas particulier : transformation du poisson et fruits de mer
Ce secteur :
- souffre d’une pénurie chronique ;
- dépend du PTET depuis plus de 15 ans ;
- bénéficie d’une dispense partielle sur la limite des postes à bas salaire.
Pour 2025–2026, cette souplesse demeure.
Mais :
👉 la documentation doit être irréprochable avant le voyage.
🚨 Erreurs à éviter
❌ Se présenter à la frontière pour changer d’employeur
❌ Voyager sans EIMT valide
❌ Croire qu’un statut expiré peut être régularisé au PDE
❌ Se fier à des agences non autorisées
💼 Conseils d’un Consultant réglementé en immigration canadienne à Montréal
Dans la pratique, je recommande :
- Vérification préalable complète du dossier.
- Double validation des documents avant le départ.
- Coordination entre employeur, agence et travailleur.
- Planification du renouvellement 4–5 mois avant expiration.
Le PTET devient de plus en plus encadré. L’anticipation est désormais la clé.
FAQ – Permis de travail au point d’entrée (2026)
Puis-je encore faire un “tour du poteau” ?
Non, sauf si vous êtes admissible sous le PTAS ou le secteur des fruits de mer.
Les étudiants peuvent-ils changer de statut à la frontière ?
Non. La demande doit être faite en ligne.
Puis-je renouveler mon permis au PDE ?
Non. Tous les renouvellements sont en ligne.
Mon statut est expiré, puis-je me présenter au poste frontalier ?
Non. Vous risquez un refus d’entrée.
Les travailleurs agricoles sont-ils toujours admissibles ?
Oui, s’ils arrivent directement de l’étranger avec documents valides.
L’ASFC peut-elle refuser même si j’ai une EIMT ?
Oui. L’admissibilité finale est évaluée à l’entrée.
Conclusion : une réforme technique aux effets majeurs
La mise à jour du 28 novembre 2025 n’est pas anodine.
Elle :
- renforce la cohérence entre IRCC et l’ASFC ;
- limite les abus procéduraux ;
- protège les travailleurs étrangers temporaires ;
- sécurise les secteurs agricoles et maritimes.
Le Canada envoie un signal clair :
le système d’immigration temporaire demeure ouvert aux travailleurs essentiels, mais dans un cadre strict, planifié et conforme.



