Lettre d’invitation Canada : modèle à télécharger, contenu exigé, refus et recours
Rédigé par Ali Hisseine Ladoual, consultant réglementé en immigration canadienne (CRIC R731736), commissaire à l’assermentation. Dernière vérification : 2026-08-09. Temps de lecture : 26 min.
En bref
La lettre d’invitation est le document par lequel une personne établie au Canada confirme qu’elle reçoit un proche, précise le but et la durée du séjour, et indique où la personne logera et comment elle paiera ses dépenses. Elle appuie la demande de visa de visiteur, elle ne la remplace pas.
Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) précise que la présentation d’une lettre d’invitation ne signifie pas nécessairement qu’un visa sera délivré, l’agent devant évaluer le demandeur au regard des exigences de la loi (vérifié le 2026-08-09).
Les frais de traitement d’un visa de visiteur s’élèvent à 100 $ par personne, auxquels s’ajoutent 85 $ de frais de biométrie par personne, selon le barème d’IRCC (vérifié le 2026-08-09).
Le motif de refus le plus fréquent n’est pas l’absence de lettre : c’est la conclusion de l’agent selon laquelle la personne invitée n’a pas démontré qu’elle quitterait le Canada à la fin de la période de séjour autorisée, exigence posée à l’alinéa 179b) du Règlement sur l’immigration et la protection des réfugiés (RIPR).
Après un refus, trois voies restent ouvertes selon le motif réel : une nouvelle demande corrigée, une demande de réexamen, ou une demande d’autorisation et de contrôle judiciaire devant la Cour fédérale dans les délais prévus par la loi.
Sommaire
- Qu’est-ce qu’une lettre d’invitation pour le Canada
- Qui peut inviter une personne au Canada
- Conditions qu’une lettre d’invitation doit remplir
- Références juridiques applicables
- Documents à fournir avec la lettre d’invitation
- Procédure : rédiger et transmettre la lettre, avec modèles
- Frais, délais, durée du séjour et droits pendant le traitement
- Particularités québécoises
- Erreurs fréquentes de l’hôte et de la personne invitée
- Motifs fréquents de refus
- Que faire après un refus
- Jurisprudence importante
- Ce que les tribunaux examinent
- Exemple pratique
- Questions fréquentes
- Quand consulter un consultant réglementé
- Sources officielles
- Auteur et mise à jour
Qu’est-ce qu’une lettre d’invitation pour le Canada
Une lettre d’invitation pour le Canada est une lettre écrite et signée par une personne se trouvant au Canada, qui invite un proche à lui rendre visite et qui fournit à l’agent des visas les renseignements permettant de situer la visite : identité des deux personnes, lien entre elles, but du voyage, dates, hébergement et prise en charge des dépenses.
Elle appartient à la catégorie des documents à l’appui. IRCC indique demander parfois une lettre d’invitation lorsqu’une personne présente une demande de visa pour séjourner au Canada. La lettre s’ajoute au dossier de la personne invitée, qui la joint à sa demande de visa de visiteur, aussi appelé visa de résident temporaire.
Ce que la lettre permet : donner un contexte vérifiable au voyage, établir que la personne invitée dispose d’un hébergement, indiquer qui assume les frais, et rattacher la visite à une raison précise.
Ce que la lettre ne permet pas, et c’est la partie la moins bien servie ailleurs : elle ne crée aucun droit d’entrée, elle ne remplace pas la preuve des liens de la personne invitée avec son pays de résidence, elle ne prouve pas à elle seule la capacité financière, et elle n’oblige pas l’agent à délivrer le visa. IRCC écrit que la présentation d’une lettre d’invitation ne signifie pas nécessairement que le ministère délivrera un visa, les agents devant évaluer le demandeur pour s’assurer qu’il respecte les exigences de la loi sur l’immigration du Canada.
Un point rassure beaucoup d’hôtes. Selon IRCC, rédiger une lettre d’invitation ne rend pas son auteur légalement responsable du visiteur après son arrivée au Canada. En revanche, la lettre doit être rédigée de bonne foi, son auteur doit dire la vérité et avoir l’intention de tenir les promesses qu’il y formule.
L’autorité responsable est IRCC. Aucun ministère provincial n’intervient dans la délivrance d’un visa de visiteur, y compris au Québec.
Qui peut inviter une personne au Canada
La lettre d’invitation s’écrit par une personne qui se trouve au Canada et qui peut prouver son statut.
Personnes qui peuvent rédiger une lettre d’invitation
- les citoyens canadiens, qui prouvent leur statut par un certificat de naissance canadien s’ils sont nés au Canada, ou par un certificat de citoyenneté s’ils sont citoyens naturalisés;
- les résidents permanents, qui prouvent leur statut par une copie de leur carte de résident permanent ou de leur fiche d’établissement IMM 1000;
- les personnes inscrites en vertu de la Loi sur les Indiens, qui prouvent leur statut par un certificat sécurisé de statut d’Indien ou un certificat de statut d’Indien;
- une entreprise canadienne, pour une visite d’affaires, par une lettre confirmant l’objet de la venue au Canada.
Personnes dont la lettre pèse moins lourd
- les titulaires d’un permis d’études ou d’un permis de travail : la page d’IRCC construit la lettre autour d’un hôte citoyen canadien, résident permanent ou personne inscrite en vertu de la Loi sur les Indiens, et ne prévoit rien pour un hôte en séjour temporaire. Une lettre d’appui reste possible, accompagnée de la preuve du statut de l’hôte et de sa capacité réelle d’héberger;
- les personnes sans statut au Canada : la lettre n’apporte rien au dossier et attire l’attention de l’agent sur une situation qui ne sert pas la personne invitée;
- pour un super visa uniquement, toute personne autre que l’enfant ou le petit-enfant du demandeur : l’hôte doit être l’enfant ou le petit-enfant biologique ou adopté de la personne invitée.
Pouvoir écrire une lettre d’invitation ne rend pas la personne invitée admissible. L’admissibilité se juge sur le dossier de la personne invitée, et une lettre irréprochable n’efface pas une demande faible sur les autres points.
Conditions qu’une lettre d’invitation doit remplir
IRCC publie la liste des renseignements que la lettre doit contenir. Les conditions ci-dessous reprennent cette liste et y ajoutent ce qui, en pratique, sépare une lettre qui aide d’une lettre sans effet.
Identifier complètement la personne invitée
La règle. La lettre indique, au sujet de la personne invitée : nom complet, date de naissance, adresse et numéro de téléphone, lien avec l’hôte, but du voyage, durée de séjour prévue au Canada, endroit où elle habitera et comment elle paiera ses dépenses, et date de départ prévue du Canada.
La preuve. Ces renseignements doivent correspondre exactement à ceux du formulaire Demande de visa de visiteur (IMM 5257) et du passeport, orthographe comprise.
L’erreur fréquente. Des dates de séjour différentes de celles du formulaire, ou un nom transcrit selon une autre translittération que celle du passeport.
La conséquence. Une contradiction entre la lettre et le formulaire fragilise le dossier entier et peut alimenter une préoccupation quant à la crédibilité.
Identifier complètement l’hôte
La règle. La lettre indique, au sujet de l’hôte : nom complet, date de naissance, adresse et numéro de téléphone au Canada, titre du poste occupé, statut de citoyen canadien ou de résident permanent, une photocopie d’une attestation de ce statut, et des renseignements sur sa famille, notamment le nom et la date de naissance de son époux ou conjoint et des personnes à sa charge.
La preuve. Une copie lisible du document de statut, jointe à la lettre et non simplement mentionnée.
L’erreur fréquente. Omettre le titre du poste et les renseignements sur la famille, deux éléments demandés par IRCC que presque tous les modèles en circulation laissent tomber.
La conséquence. Une lettre incomplète perd sa valeur d’appui et laisse l’agent sans le contexte qui aurait pu jouer en faveur du dossier.
Décrire un but de visite précis et daté
La règle. Le but du voyage et les dates doivent être précis. La période de séjour autorisée d’un résident temporaire est de six mois, ou de toute autre durée fixée par l’agent selon les moyens de subsistance de la personne, la période demandée et la validité du passeport, en application du paragraphe 183(2) du RIPR.
La preuve. Un motif nommé et daté : mariage, naissance, convalescence, remise de diplôme, séjour de vacances d’une durée déterminée.
L’erreur fréquente. Écrire que la personne vient pour une visite familiale sans dire ce qui se passe, combien de temps, ni pourquoi maintenant.
La conséquence. Un agent qui ne comprend pas pourquoi ce voyage a lieu maintenant conclut souvent que le but déclaré n’est pas compatible avec un séjour temporaire.
Établir l’hébergement et les moyens de subsistance
La règle. La lettre dit où la personne habitera et comment elle paiera ses dépenses. Quand l’hôte paie, il le dit et le démontre.
La preuve. Relevés bancaires couvrant plusieurs mois, talons de paie, confirmation d’emploi, avis de cotisation. Les mouvements inhabituels s’expliquent dans la lettre, avant que l’agent ne pose la question.
L’erreur fréquente. Un dépôt forfaitaire récent et inexpliqué, produit pour gonfler un solde à la veille du dépôt.
La conséquence. L’origine des fonds devient elle-même un motif de refus, et la preuve financière se retourne contre la demande.
Prouver le lien entre l’hôte et la personne invitée
La règle. Le lien déclaré doit pouvoir se vérifier.
La preuve. Certificats de naissance ou de mariage pour un lien familial, historique d’échanges et photographies datées pour un lien d’amitié, documents d’entreprise pour une relation d’affaires.
L’erreur fréquente. Déclarer un lien de parenté que les documents d’état civil ne confirment pas.
La conséquence. Un lien non corroboré affaiblit la lettre et, s’il est inexact, expose la personne invitée à une conclusion de fausse déclaration.
Conditions supplémentaires propres au super visa
La règle. Pour un super visa destiné aux parents et grands-parents, la lettre d’invitation est une exigence, pas un document facultatif. Les instructions ministérielles concernant le super visa pour les parents et les grands-parents, en vigueur depuis le 31 mars 2026 et remplaçant celles du 15 septembre 2023, définissent la lettre d’invitation comme une lettre écrite et signée par l’hôte, et par son époux ou conjoint de fait le cas échéant, qui inclut une promesse de soutien financier au demandeur pour la durée des séjours autorisés au Canada ainsi que la liste de toutes les personnes incluses dans le calcul du revenu vital minimum.
La preuve. La lettre comprend la preuve que l’hôte atteint ou dépasse le revenu vital minimum, ainsi que la liste et le nombre de personnes prises en compte dans le calcul de la taille de la famille, avec le nom et la date de naissance de chacune.
L’erreur fréquente. Faire cosigner la lettre par un frère ou une sœur. Seul l’époux ou le conjoint de fait de l’hôte peut cosigner, et seulement s’il est lui-même citoyen canadien, résident permanent ou personne inscrite en vertu de la Loi sur les Indiens.
La conséquence. Une cosignature irrégulière ne compte pas dans le calcul du revenu, et le dossier échoue sur le critère financier.
Références juridiques applicables
Aucun article de loi ne régit la lettre d’invitation dans la demande de visa de visiteur ordinaire. Sa portée se comprend à travers les dispositions qui encadrent la délivrance du visa et l’obligation de franchise du demandeur.
| Référence | Sujet | Ce que cela signifie en pratique |
|---|---|---|
| LIPR, par. 11(1) | Visa demandé avant l’entrée | L’agent peut délivrer le visa s’il établit, à la suite d’un contrôle, que la personne n’est pas interdite de territoire et se conforme à la loi. |
| LIPR, al. 20(1)b) | Obligation de prouver le départ | La personne doit prouver qu’elle détient les documents requis et qu’elle aura quitté le Canada à la fin de la période de séjour autorisée. Ce fardeau lui appartient, pas à l’hôte. |
| LIPR, par. 22(2) | Double intention | L’intention de s’établir au Canada n’empêche pas de devenir résident temporaire, sur preuve du départ à la fin de la période autorisée. |
| LIPR, par. 16(1) | Répondre véridiquement | L’auteur d’une demande doit répondre véridiquement aux questions posées lors du contrôle. L’hôte engage sa crédibilité par ce qu’il écrit. |
| LIPR, al. 40(1)a) et 40(2)a) | Fausses déclarations | Une présentation erronée sur un fait important, ou une réticence sur ce fait, entraîne l’interdiction de territoire. Hors du Canada, elle court pendant cinq ans à compter de la décision définitive. |
| RIPR, par. 7(1) | Visa obligatoire | L’étranger ne peut entrer au Canada pour y séjourner temporairement sans avoir préalablement obtenu un visa de résident temporaire, sous réserve des dispenses. |
| RIPR, art. 179 | Délivrance du visa | Disposition centrale. L’agent délivre le visa si sept éléments sont établis, dont le départ à la fin de la période autorisée. |
| RIPR, art. 183 | Conditions et durée du séjour | Le résident temporaire doit quitter le Canada à la fin de la période autorisée, ne doit pas travailler ni étudier sans autorisation, et sa période de séjour est de six mois par défaut. |
| Instructions ministérielles, super visa (2026) | Lettre d’invitation exigée | En vigueur depuis le 31 mars 2026. Elles définissent la lettre, imposent la promesse de soutien financier et la liste des personnes comptées dans le revenu vital minimum, et encadrent la cosignature. |
Que prévoit l’article 179 du RIPR?
L’article 179 du RIPR énumère les sept éléments que l’agent doit tenir pour établis avant de délivrer un visa de résident temporaire : la demande a été présentée conformément au Règlement au titre de la catégorie des visiteurs, des travailleurs ou des étudiants; la personne quittera le Canada à la fin de la période de séjour autorisée; elle détient un passeport lui permettant d’entrer dans un pays; elle se conforme aux exigences de sa catégorie; elle n’est pas interdite de territoire; elle satisfait, le cas échéant, aux exigences de la visite médicale; et elle ne fait pas l’objet d’une déclaration du ministre. L’alinéa 179b) décide de la majorité des dossiers. La lettre d’invitation peut le servir, en montrant que la visite a un terme naturel, mais elle ne le remplit pas à elle seule.
Que prévoit le paragraphe 22(2) de la LIPR?
Le paragraphe 22(2) de la LIPR consacre la double intention : l’intention de s’établir au Canada n’empêche pas l’étranger de devenir résident temporaire, sur preuve qu’il aura quitté le Canada à la fin de la période de séjour autorisée. Une personne dont la demande de résidence permanente est en cours peut donc être invitée et obtenir un visa de visiteur, à condition d’établir qu’elle repartira. Cacher cette demande serait bien plus dommageable que de la déclarer.
Comment l’alinéa 40(1)a) de la LIPR s’applique-t-il à une lettre d’invitation?
L’alinéa 40(1)a) de la LIPR vise la présentation erronée sur un fait important, ou la réticence sur ce fait, qui entraîne ou risque d’entraîner une erreur dans l’application de la loi. Une lettre qui décrit un lien inexact, un hébergement fictif ou un soutien financier que l’hôte n’a pas l’intention d’assurer peut donc fonder une conclusion de fausse déclaration visant la personne invitée. La sanction est lourde : hors du Canada, l’interdiction de territoire court pendant cinq ans suivant la décision définitive, en application de l’alinéa 40(2)a).
Dispositions vérifiées sur laws-lois.justice.gc.ca le 2026-08-09.
Documents à fournir avec la lettre d’invitation
Documents que l’hôte prépare
- la lettre d’invitation signée et datée;
- la photocopie de l’attestation de statut au Canada : certificat de naissance canadien, certificat de citoyenneté, carte de résident permanent, fiche d’établissement IMM 1000 ou certificat de statut d’Indien;
- une preuve d’adresse au Canada et, si l’hôte est locataire, une copie du bail;
- les preuves financières lorsque l’hôte prend en charge tout ou partie du séjour : talons de paie, confirmation d’emploi, relevés bancaires sur plusieurs mois, avis de cotisation.
Formulaires que la personne invitée remplit
- Demande de visa de visiteur, visa de résident temporaire (IMM 5257), version 2023-09;
- Annexe 1, Demande de statut de résident temporaire (IMM 5257 SCH1), lorsque la trousse du pays l’exige;
- Informations sur la famille, visiteurs, étudiants et travailleurs (IMM 5645), version 2021-01, ou IMM 5707 selon la trousse du pays, à remplir par chaque personne de 18 ans et plus;
- Recours aux services d’un représentant (IMM 5476), si un représentant agit au dossier;
- Déclaration officielle d’union de fait (IMM 5409), si la personne vit en union de fait.
Documents que la personne invitée réunit
- passeport valide;
- preuves de liens avec le pays de résidence : lettre de l’employeur avec autorisation d’absence, propriété, obligations familiales, inscription scolaire des enfants;
- preuves financières personnelles, avec l’origine des fonds expliquée;
- preuve du lien avec l’hôte : documents d’état civil, historique d’échanges, photographies datées;
- itinéraire de voyage prévu.
Documents supplémentaires pour un super visa
- preuve d’assurance maladie privée conforme aux exigences d’IRCC;
- preuve de l’examen médical effectué par un médecin désigné approuvé;
- preuve du statut de l’hôte au Canada, et de celui de son époux ou conjoint de fait le cas échéant;
- preuve du lien de filiation : copie du certificat de naissance ou de baptême de l’hôte, ou autre document officiel désignant la personne invitée comme parent ou grand-parent.
Tout document qui n’est ni en français ni en anglais doit être accompagné de sa traduction et, si la personne qui traduit n’est pas traductrice agréée, d’un affidavit de cette personne.
Procédure : rédiger et transmettre la lettre, avec modèles
Étape 1 : vérifier qui doit écrire la lettre
L’hôte au Canada écrit la lettre lui-même. IRCC précise que les renseignements publiés sur son site le sont à titre indicatif et que la personne doit rédiger elle-même sa lettre d’invitation. Pour un super visa, l’auteur doit être l’enfant ou le petit-enfant de la personne invitée.
Étape 2 : réunir les renseignements exigés
Rassemblez les huit renseignements exigés au sujet de la personne invitée et les six renseignements exigés au sujet de l’hôte avant d’écrire une seule ligne. Une lettre rédigée puis complétée après coup finit presque toujours par contredire un formulaire.
Étape 3 : vérifier la concordance avec les formulaires
Comparez ligne par ligne la lettre et le formulaire IMM 5257 : orthographe des noms selon le passeport, dates de naissance, dates d’arrivée et de départ, adresse d’hébergement.
Étape 4 : rédiger la lettre à partir du modèle
Le modèle ci-dessous couvre une visite familiale ou amicale ordinaire. Il reprend, dans l’ordre, tous les renseignements demandés par IRCC. Remplacez le contenu entre crochets et supprimez les crochets.
[Prénom et nom de l’hôte]
[Adresse complète au Canada]
[Ville, province, code postal]
[Numéro de téléphone] • [Adresse électronique]
[Date]Agent des visas
Immigration, Réfugiés et Citoyenneté CanadaObjet : lettre d’invitation à l’appui de la demande de visa de résident temporaire de [prénom et nom de la personne invitée]
Madame, Monsieur,
Je soussigné, [prénom et nom de l’hôte], invite [prénom et nom de la personne invitée], mon [lien exact], à me rendre visite au Canada du [date d’arrivée] au [date de départ], soit [nombre] jours.
Le but de cette visite est [motif précis : assister au mariage de, accompagner pendant la convalescence de, passer les fêtes de fin d’année avec, assister à la remise de diplôme de]. [Une ou deux phrases qui expliquent pourquoi la visite a lieu à cette période.]
Renseignements sur la personne invitée
Nom complet : [tel qu’inscrit au passeport]
Date de naissance : [AAAA-MM-JJ]
Adresse : [adresse complète dans le pays de résidence]
Numéro de téléphone : [numéro avec indicatif du pays]
Lien avec moi : [lien exact]
But du voyage : [motif précis]
Durée de séjour prévue au Canada : [nombre] jours, du [date] au [date]
Lieu d’hébergement : [adresse complète où la personne logera]
Prise en charge des dépenses : [la personne assume elle-même ses dépenses, ou j’assume les dépenses suivantes : hébergement, repas, transport intérieur, billet d’avion]
Date de départ prévue du Canada : [AAAA-MM-JJ]Renseignements me concernant
Nom complet : [prénom et nom]
Date de naissance : [AAAA-MM-JJ]
Adresse au Canada : [adresse complète]
Numéro de téléphone : [numéro]
Titre du poste : [intitulé exact du poste occupé]
Statut au Canada : [citoyen canadien, résident permanent ou personne inscrite en vertu de la Loi sur les Indiens]
Membres de ma famille : [nom et date de naissance de l’époux ou du conjoint, nom et date de naissance de chaque personne à charge]Je joins une copie de [document attestant le statut au Canada]. Je confirme que [prénom de la personne invitée] logera à l’adresse indiquée ci-dessus pendant toute la durée de son séjour et qu’elle repartira le [date de départ].
Je demeure à votre disposition pour tout renseignement complémentaire.
Veuillez agréer, Madame, Monsieur, mes salutations distinguées.
[Signature manuscrite]
[Prénom et nom en lettres majuscules]
[Date]
Variante pour un super visa
Pour une demande de super visa, ajoutez au modèle précédent les trois éléments exigés par les instructions ministérielles et par IRCC, et faites cosigner la lettre par votre époux ou conjoint de fait si son revenu est nécessaire pour atteindre le revenu vital minimum.
Je m’engage à subvenir aux besoins financiers de [prénom et nom du parent ou grand-parent] pour toute la durée de ses séjours autorisés au Canada.
Aux fins du calcul du revenu vital minimum, la taille de ma famille est de [nombre] personnes, soit : [nom et date de naissance de chaque personne comptée, en incluant l’hôte, son époux ou conjoint de fait, ses enfants à charge, le ou les parents ou grands-parents invités, et toute personne visée par un engagement ou par une lettre d’invitation toujours valide].
Je joins la preuve que mon revenu atteint ou dépasse le revenu vital minimum applicable à une famille de [nombre] personnes, soit [montant] $.
Variante pour une visite d’affaires
Pour une visite d’affaires, la lettre s’écrit sur papier à en-tête de l’entreprise canadienne et confirme l’objet de la venue au Canada. Elle nomme la personne invitée, précise la nature des activités prévues, les dates, le lieu, et indique qui assume les frais de déplacement et de séjour. Elle est signée par une personne habilitée à représenter l’entreprise, avec son titre et ses coordonnées professionnelles.
Étape 5 : faire signer, dater et numériser la lettre
La signature manuscrite et la date sont obligatoires en pratique. Numérisez la lettre et les pièces jointes en un fichier lisible. IRCC retourne les demandes dont les documents ne peuvent pas être lus, et le traitement prend du retard.
Étape 6 : transmettre la lettre à la personne invitée
L’hôte envoie la lettre à la personne invitée. Celle-ci la joint à sa demande de visa de visiteur au moment du dépôt, dans son compte sécurisé d’IRCC ou dans le Portail d’IRCC. La lettre ne s’envoie pas directement par l’hôte à IRCC.
Étape 7 : conserver la preuve de dépôt
Conservez la confirmation de soumission, la liste des documents transmis, la preuve de paiement des frais et une copie datée de la lettre signée. C’est l’étape que tout le monde saute, et celle qui permet de démontrer plus tard ce qui figurait réellement au dossier si la décision est contestée.
Frais, délais, durée du séjour et droits pendant le traitement
Combien coûte la demande
| Élément | Montant | Source et date |
|---|---|---|
| Visa de visiteur, par personne | 100 $ | IRCC, barème des frais, vérifié le 2026-08-09 |
| Visa de visiteur, famille de 5 personnes ou plus | 500 $ | IRCC, barème des frais, vérifié le 2026-08-09 |
| Biométrie, par personne | 85 $ | IRCC, barème des frais, vérifié le 2026-08-09 |
| Biométrie, famille de 2 personnes admissibles ou plus | 170 $ au maximum | IRCC, barème des frais, vérifié le 2026-08-09 |
| Prorogation du séjour à titre de visiteur, par personne | 100 $ | IRCC, barème des frais, vérifié le 2026-08-09 |
| Rétablissement du statut de visiteur | 246,25 $ | IRCC, barème des frais, vérifié le 2026-08-09 |
| Revenu vital minimum, hôte de super visa, famille de 4 personnes | 56 724 $ | IRCC, tableau mis à jour le 29 juillet 2025, vérifié le 2026-08-09 |
| Couverture minimale d’assurance en cas d’urgence, super visa | 100 000 $ | IRCC, vérifié le 2026-08-09 |
La lettre d’invitation elle-même ne coûte rien. Aucun frais officiel n’est perçu pour la rédiger, la faire signer ou la transmettre.
Quel est le délai de traitement
Le délai de traitement d’un visa de visiteur varie selon le pays de dépôt. IRCC publie ces délais dans son outil de vérification et précise qu’ils dépendent notamment du type de demande, du caractère complet du dossier et de la rapidité des réponses aux demandes de renseignements. Ce sont des estimations affichées à un moment donné, jamais un engagement, et le délai affiché ne comprend pas le temps nécessaire pour fournir les données biométriques. Vérifiez le délai applicable à votre bureau des visas le jour du dépôt.
Quelle est la durée du séjour obtenu
La période de séjour autorisée d’un résident temporaire est de six mois, ou de toute autre durée que l’agent fixe en tenant compte des moyens de subsistance de la personne au Canada, de la période demandée et de la validité de son passeport. Un super visa permet des séjours de cinq ans à la fois, avec des entrées multiples pendant une période pouvant aller jusqu’à dix ans.
La personne invitée peut-elle travailler ou étudier
Non. Le RIPR impose au résident temporaire de ne pas travailler sauf en conformité avec le Règlement, et de ne pas étudier sans y être autorisé. Un résident temporaire peut toutefois suivre des cours pendant une période maximale de six mois sans obtenir de permis d’études.
Que se passe-t-il en cas de demande de prolongation
Si le résident temporaire demande la prolongation de sa période de séjour avant l’expiration de celle-ci et qu’aucune décision n’est rendue avant l’échéance, la période est prolongée jusqu’au moment de la décision, et la personne conserve son statut pendant toute la prolongation, sous réserve des conditions qui lui sont imposées. Le dépôt doit avoir lieu avant l’expiration : après, il faut passer par le rétablissement du statut, et les frais changent.
Particularités québécoises
Inviter un proche au Québec ne demande aucune démarche auprès du gouvernement québécois. Le visa de visiteur relève entièrement d’IRCC. Un hôte établi à Montréal, à Québec ou à Sherbrooke n’a pas à obtenir de certificat d’acceptation du Québec (CAQ) pour recevoir de la visite, et le ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration (MIFI) n’intervient pas dans la délivrance du visa. La confusion est fréquente parce que le CAQ est exigé pour les études et pour certaines demandes de travail, jamais pour une visite.
La question de l’assermentation revient souvent au Québec. IRCC n’exige pas la notarisation sur sa page consacrée à la lettre d’invitation pour les visiteurs au Canada. Certains bureaux des visas, selon le pays de dépôt, demandent que la lettre soit signée devant une personne autorisée à recevoir un serment. Vérifiez les instructions du bureau des visas concerné avant d’engager des frais de notaire.
Au Québec, une déclaration sous serment se reçoit devant un commissaire à l’assermentation ou un notaire. Notre cabinet compte un commissaire à l’assermentation, ce qui permet de faire signer sur place une déclaration solennelle accompagnant la lettre lorsque le bureau des visas l’exige. Les services d’accompagnement du cabinet couvrent cette étape.
La lettre d’invitation rédigée en français est parfaitement recevable. Le français est une langue officielle du Canada et aucun bureau des visas ne peut exiger une version anglaise d’un document déjà rédigé en français.
Erreurs fréquentes de l’hôte et de la personne invitée
Les erreurs ci-dessous reviennent dossier après dossier. Elles portent sur ce que les gens font, pas sur ce que l’agent écrit.
- Recycler un modèle générique trouvé en ligne. La plupart des modèles en circulation omettent le titre du poste de l’hôte et les renseignements sur sa famille, deux éléments qu’IRCC demande explicitement.
- Promettre un soutien financier que l’hôte ne peut pas assumer. IRCC demande de rédiger la lettre de bonne foi et d’avoir l’intention de tenir ses promesses. Un engagement écrit sans preuve de revenu correspondante affaiblit le dossier.
- Gonfler un compte bancaire avant le dépôt. Un dépôt forfaitaire récent et inexpliqué attire l’attention sur l’origine des fonds et devient un motif de refus autonome.
- Écrire des dates approximatives. Une lettre qui parle d’un séjour de quelques semaines cet été ne permet pas à l’agent de vérifier que la visite a un terme.
- Ne pas déclarer un refus antérieur. Le formulaire IMM 5257 pose la question. Une réponse négative alors qu’un refus existe ouvre la porte à l’alinéa 40(1)a) de la LIPR et à cinq ans d’interdiction de territoire.
- Laisser la lettre contredire le formulaire. Adresse d’hébergement différente, dates décalées de quelques jours, lien de parenté formulé autrement : chaque écart nourrit une préoccupation quant à la crédibilité.
- Confondre lettre d’invitation et engagement de parrainage. La lettre n’est pas un engagement au sens de la LIPR et n’ouvre aucune voie vers la résidence permanente.
- Redéposer une demande identique après un refus. Sans preuve nouvelle qui répond au motif du refus, la seconde demande subit le sort de la première.
- Faire cosigner la lettre de super visa par la mauvaise personne. Les frères et sœurs de l’hôte ne peuvent pas cosigner et leur revenu ne compte pas.
- Se fier à des renseignements trouvés sur un forum. Un tableau de revenu vital minimum périmé de deux ans fait échouer un dossier de super visa.
Motifs fréquents de refus
Cette section porte sur ce que l’agent écrit dans sa décision et dans les notes du Système mondial de gestion des cas. Les motifs se recoupent souvent dans une même lettre de refus.
- La personne n’a pas démontré qu’elle quitterait le Canada à la fin de la période de séjour autorisée.
- Les liens familiaux hors du Canada sont jugés insuffisants.
- Les liens familiaux au Canada sont jugés importants au point de créer un facteur d’attraction.
- Le but de la visite est jugé incompatible avec un séjour temporaire.
- Les biens et la situation financière sont jugés insuffisants pour financer le voyage déclaré.
- L’origine des fonds n’est pas établie.
- L’emploi ou la situation personnelle dans le pays de résidence est jugé instable.
- Des renseignements sont contradictoires entre les formulaires, la lettre et les pièces.
- Une fausse déclaration est retenue au titre de l’alinéa 40(1)a) de la LIPR.
- Pour un super visa, le revenu vital minimum n’est pas atteint ou l’assurance maladie ne remplit pas les exigences.
Absence de preuve du départ à la fin du séjour
Pourquoi l’agent refuse. L’alinéa 179b) du RIPR l’oblige à être convaincu que la personne quittera le Canada. Il soupèse les facteurs qui la retiennent dans son pays et ceux qui l’attirent au Canada. Une invitation chaleureuse pèse du côté de l’attraction.
La preuve qui manquait. Une lettre d’employeur avec autorisation d’absence et date de reprise, des obligations familiales documentées dans le pays de résidence, des biens immobiliers, une inscription scolaire en cours pour les enfants.
Comment réduire le risque. Construire le dossier autour du retour plutôt qu’autour de l’accueil, et donner à la lettre d’invitation un rôle de contexte, non de preuve principale.
Situation financière jugée insuffisante ou inexpliquée
Pourquoi l’agent refuse. Il compare le coût du voyage déclaré aux fonds démontrés. Un solde apparu récemment sans explication ne compte pas comme une capacité réelle.
La preuve qui manquait. Des relevés couvrant plusieurs mois, une explication écrite de chaque mouvement inhabituel, et, quand l’hôte finance le séjour, ses propres preuves de revenu jointes à la lettre.
Comment réduire le risque. Expliquer l’origine des fonds dans la lettre et dans une note explicative, avant que la question ne soit posée.
Fausse déclaration
Pourquoi l’agent refuse. Une réponse inexacte à une question du formulaire, ou une omission, peut entraîner une erreur dans l’application de la loi. L’agent envoie normalement une lettre d’équité procédurale (LEP) avant de conclure.
La preuve qui manquait. Une réponse complète dès le dépôt et, en cas de situation ambiguë, une note explicative jointe volontairement.
Comment réduire le risque. Répondre à la LEP dans le délai imparti, avec des pièces qui traitent précisément la préoccupation soulevée. Une réponse générique à une LEP ferme la porte plus qu’elle ne l’ouvre.
Que faire après un refus
Obtenir les notes du Système mondial de gestion des cas
La lettre de refus est courte et standardisée. Les notes de l’agent, versées au Système mondial de gestion des cas, font partie des motifs et disent ce qui a réellement décidé du dossier. Elles s’obtiennent par une demande d’accès à l’information et de protection des renseignements personnels (AIPRP). Tant que ces notes ne sont pas lues, toute stratégie repose sur une hypothèse.
Présenter une nouvelle demande
Une nouvelle demande est possible immédiatement, sans délai d’attente, et les frais sont dus de nouveau. Elle n’a de sens que si le dossier répond au motif réel du refus par des éléments nouveaux : preuve de départ renforcée, origine des fonds documentée, événement daté à l’appui du but de la visite. Une lettre d’invitation réécrite ne suffit pas si le refus portait sur les liens avec le pays de résidence.
Demander un réexamen
La demande de réexamen s’adresse au bureau qui a rendu la décision. Elle vise les cas où l’agent a ignoré une pièce figurant au dossier, ou commis une erreur manifeste. Le réexamen n’est pas un recours de plein droit et l’administration n’est pas tenue d’y faire droit. Il ne répare pas une insuffisance de preuve : il corrige le traitement fautif d’une preuve déjà produite.
Déposer une demande d’autorisation et de contrôle judiciaire
Le contrôle judiciaire devant la Cour fédérale porte sur la légalité de la décision, pas sur son opportunité. La demande d’autorisation se dépose dans les délais prévus par la LIPR, qui sont courts et se comptent en jours à partir de la communication de la décision. Vérifiez le délai applicable dès la réception du refus. Si la Cour accueille la demande, elle annule la décision et renvoie le dossier à un autre agent : elle ne délivre jamais le visa elle-même.
Répondre à une lettre d’équité procédurale
Une LEP n’est pas un refus. C’est l’occasion, souvent unique, de dissiper une préoccupation précise avant la décision. La réponse doit traiter la préoccupation nommée dans la lettre, pièce par pièce, dans le délai indiqué.
Aucune de ces options n’est automatique, et la stratégie dépend du motif réel du refus, pas du motif supposé. Une consultation avec un consultant réglementé permet de trancher entre redéposer, demander un réexamen et saisir la Cour fédérale.
Jurisprudence importante
La Cour fédérale contrôle régulièrement des refus de visa de visiteur où une lettre d’invitation figurait au dossier. Les décisions ci-dessous ont été vérifiées par lecture du dispositif.
Barikder c. Canada (Citoyenneté et Immigration), 2026 CF 475
Tribunal : Cour fédérale
Question juridique : L’agent qui écarte la situation financière d’une demanderesse peut-il ignorer la preuve financière de l’hôte qui l’a invitée et s’est engagé à assumer ses frais?
Principe : Lorsque l’hôte invite la personne et accepte de prendre en charge ses dépenses, l’agent doit examiner et analyser la preuve financière de cet hôte. Des motifs qui ne montrent aucune prise en compte de cette preuve ne satisfont pas aux exigences de justification.
Résultat : Demande de contrôle judiciaire accueillie, décision annulée et dossier renvoyé à un autre agent, en faveur de la demanderesse.
Paragraphes pertinents : par. 10 à 13.
Application pratique : La preuve financière de l’hôte doit être jointe à la lettre d’invitation, complète et lisible. Un refus qui n’en dit rien alors qu’elle figurait au dossier est contestable.
Sbayti c. Canada (Citoyenneté et Immigration), 2019 CF 1296
Tribunal : Cour fédérale
Question juridique : L’agent pouvait-il conclure à une fausse déclaration sans examiner l’exception de l’erreur commise de bonne foi, et sans traiter la lettre d’invitation et la déclaration sous serment versées au dossier?
Principe : Une conclusion de fausse déclaration ne se tire pas à la légère. Lorsque des éléments crédibles du dossier soutiennent la position contraire, dont une lettre d’invitation et une déclaration sous serment attestant l’objet de la visite, l’agent doit les analyser au lieu de les passer sous silence.
Résultat : Demande de contrôle judiciaire accueillie, décision annulée et affaire renvoyée à un autre agent des visas, en faveur du demandeur.
Paragraphes pertinents : par. 29 à 31, 51, 72 à 76.
Application pratique : Joindre une déclaration sous serment de l’hôte, en plus de la lettre, renforce le dossier et rend plus difficile un refus qui ne traiterait pas l’objet de la visite.
Dardari c. Canada (Citoyenneté et Immigration), 2021 CF 493
Tribunal : Cour fédérale
Question juridique : Une lettre d’invitation et des déclarations signées par les tuteurs légaux suffisent-elles à établir que la personne invitée quittera le Canada?
Principe : L’étranger qui cherche à entrer au Canada est présumé être un immigrant et il lui appartient de réfuter cette présomption. L’agent est présumé avoir considéré l’ensemble de la preuve et n’est pas tenu de mentionner chaque pièce. Une preuve qui ne traite pas du départ à la fin du séjour ne contredit pas la conclusion de l’agent sur ce point.
Résultat : Demande de contrôle judiciaire rejetée, en défaveur du demandeur. Le refus du visa a été maintenu.
Paragraphes pertinents : par. 32, 38 à 43.
Application pratique : Une lettre d’invitation, même signée par des proches établis au Canada et accompagnée d’engagements solennels, ne remplace pas la preuve du départ. Cette décision montre la limite exacte de l’exercice.
Canada (Ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration) c. Vavilov, 2019 CSC 65
Tribunal : Cour suprême du Canada
Question juridique : Quelle est la démarche appropriée pour contrôler une décision administrative selon la norme de la décision raisonnable?
Principe : Une décision raisonnable doit être fondée sur une analyse intrinsèquement cohérente et rationnelle et être justifiée au regard des contraintes juridiques et factuelles. Il incombe à la partie qui conteste la décision d’en démontrer le caractère déraisonnable, et la lacune invoquée doit être suffisamment capitale pour rendre la décision déraisonnable.
Résultat : Pourvoi du ministre rejeté, en faveur de l’intimé. L’annulation du certificat de citoyenneté avait été jugée déraisonnable.
Paragraphes pertinents : par. 85, 99 et 100.
Application pratique : C’est le cadre que la Cour fédérale applique à tout refus de visa de visiteur. Contester un refus consiste à démontrer une lacune capitale dans le raisonnement, non à réclamer une nouvelle appréciation de la preuve.
Ce que les tribunaux examinent dans un refus de visa de visiteur
La Cour fédérale ne réévalue pas le dossier et ne substitue pas son appréciation à celle de l’agent. Elle vérifie la qualité du raisonnement, à partir du cadre établi dans l’arrêt Vavilov. Les points suivants reviennent dans les décisions.
- La prise en compte des preuves déterminantes. Une pièce centrale ignorée alors qu’elle appelait une conclusion différente permet d’inférer que l’agent n’en a pas tenu compte.
- La cohérence entre les motifs et le dossier. Des motifs brefs sont admis, mais ils se lisent à la lumière du dossier et doivent laisser voir le fil du raisonnement.
- Le recours aux formules types. Une lettre de refus à cases cochées n’est pas irrégulière en soi. Elle devient déraisonnable lorsqu’elle laisse planer un doute sur la prise en compte réelle des faits du dossier.
- La distinction entre insuffisance de preuve et crédibilité. Conclure que la preuve est insuffisante n’équivaut pas à conclure que la personne a menti, et les deux conclusions n’appellent pas les mêmes garanties procédurales.
- Le respect de l’équité procédurale. Une préoccupation portant sur la crédibilité ou l’authenticité d’un document appelle normalement une lettre d’équité procédurale avant la décision.
- Le fardeau de la preuve. Il repose sur la personne invitée. La Cour ne comble pas une lacune du dossier et ne fabrique pas de motifs pour appuyer la décision de l’agent.
Exemple pratique
[À VÉRIFIER : cas type reconstitué à partir de la configuration la plus fréquente au cabinet. Confirmer les détails auprès d’un dossier réel ou remplacer par un dossier réel anonymisé avant publication.]
La situation
Une personne résidant en Afrique de l’Ouest, salariée depuis plusieurs années dans une entreprise de son pays, était invitée par sa sœur, résidente permanente au Québec, pour assister à la naissance de son premier enfant.
Le problème
Une première demande avait été refusée. La lettre d’invitation, reprise d’un modèle générique, ne mentionnait ni le titre du poste de l’hôtesse ni les renseignements sur sa famille, indiquait une durée de séjour de deux à trois mois sans dates fermes, et annonçait une prise en charge complète des frais sans qu’aucune preuve de revenu ne soit jointe.
La règle applicable
L’agent délivre le visa si, notamment, il est établi que la personne quittera le Canada à la fin de la période de séjour autorisée, selon l’alinéa 179b) du RIPR. Lorsque l’hôte s’engage à assumer les frais, sa situation financière fait partie de la preuve que l’agent doit examiner.
L’analyse
Le refus reposait sur deux constats : des biens et une situation financière jugés insuffisants pour financer le voyage déclaré, et un but de visite jugé incompatible avec un séjour temporaire. Les deux découlaient de la même faiblesse : le dossier décrivait un accueil, il ne démontrait pas un retour, et il laissait l’agent sans donnée sur la capacité réelle de l’hôtesse.
Les documents recommandés
Une lettre d’invitation reprise intégralement selon la liste d’IRCC, avec dates fermes d’arrivée et de départ. Une lettre de l’employeur de la personne invitée précisant l’autorisation d’absence et la date de reprise du travail. Les talons de paie et les relevés bancaires de l’hôtesse sur six mois, avec une note expliquant chaque mouvement important. Le certificat de naissance établissant le lien entre les deux sœurs. Une confirmation médicale de la date prévue d’accouchement.
La stratégie retenue
Le dossier a été reconstruit autour du retour plutôt qu’autour de l’accueil : la durée demandée a été alignée sur l’événement documenté, la lettre a été replacée dans son rôle de pièce de contexte, et la preuve financière de l’hôtesse a été jointe à la lettre. Une déclaration solennelle de l’hôtesse, reçue devant un commissaire à l’assermentation, a été ajoutée pour attester l’objet de la visite et l’hébergement. Chaque dossier est différent et cette approche ne se transpose pas telle quelle.
Questions fréquentes
Comment faire une lettre d’invitation pour le Canada?
Rédigez vous-même la lettre en y plaçant les renseignements exigés par IRCC. Au sujet de la personne invitée : nom complet, date de naissance, adresse et téléphone, lien avec vous, but du voyage, durée du séjour, lieu d’hébergement, prise en charge des dépenses et date de départ prévue. Au sujet de vous : nom complet, date de naissance, adresse et téléphone au Canada, titre de poste, statut et sa preuve, renseignements sur votre famille. Signez et datez.
Qui peut inviter quelqu’un au Canada?
Une personne se trouvant au Canada qui peut prouver son statut : citoyen canadien, résident permanent ou personne inscrite en vertu de la Loi sur les Indiens. Une entreprise canadienne peut aussi inviter une personne pour une visite d’affaires. Pour un super visa, seul l’enfant ou le petit-enfant de la personne invitée peut écrire la lettre, et il doit avoir au moins 18 ans, résider au Canada et atteindre le revenu vital minimum.
Quels documents faut-il joindre à une lettre d’invitation au Canada?
Joignez une photocopie de l’attestation de votre statut au Canada : certificat de naissance canadien, certificat de citoyenneté, copie de la carte de résident permanent, fiche d’établissement IMM 1000 ou certificat de statut d’Indien. Ajoutez vos preuves financières si vous prenez en charge le séjour, une preuve d’adresse, et les documents établissant votre lien avec la personne invitée.
La lettre d’invitation doit-elle être notariée?
IRCC n’exige pas la notarisation sur sa page consacrée à la lettre d’invitation pour les visiteurs au Canada. Certains bureaux des visas, selon le pays où la demande est déposée, demandent que la lettre soit signée devant une personne autorisée à recevoir un serment. Vérifiez les instructions du bureau des visas concerné avant d’engager des frais. Au Québec, un commissaire à l’assermentation ou un notaire peut recevoir la déclaration.
La lettre d’invitation garantit-elle l’obtention du visa de visiteur?
Non. IRCC indique que la présentation d’une lettre d’invitation ne signifie pas nécessairement qu’un visa sera délivré, les agents des visas devant évaluer le demandeur pour s’assurer qu’il respecte les exigences de la loi sur l’immigration du Canada. La décision porte sur l’ensemble du dossier de la personne invitée, notamment sur la preuve qu’elle quittera le Canada à la fin de son séjour.
Existe-t-il un modèle officiel de lettre d’invitation en format PDF ou Word?
Non. IRCC ne publie aucun formulaire de lettre d’invitation et précise que les renseignements donnés sur son site le sont à titre indicatif, la lettre devant être rédigée par la personne elle-même. Aucun numéro IMM ne correspond à une lettre d’invitation. Un modèle fiable reprend donc la liste des renseignements exigés par IRCC, comme celui proposé dans cet article.
Peut-on inviter plusieurs personnes avec une seule lettre d’invitation?
Chaque personne invitée dépose sa propre demande de visa et doit disposer d’une lettre qui la nomme et qui contient les renseignements la concernant. Une lettre unique couvrant plusieurs personnes reste possible, mais elle doit alors reprendre séparément, pour chacune, les huit renseignements exigés par IRCC. Le plus sûr reste une lettre distincte par personne invitée.
Combien coûte une demande de visa de visiteur au Canada?
Les frais de traitement s’élèvent à 100 $ par personne, ou 500 $ pour une famille de cinq personnes ou plus, selon le barème d’IRCC vérifié le 2026-08-09. Les frais de biométrie s’ajoutent : 85 $ par personne, avec un maximum de 170 $ pour une famille de deux personnes admissibles ou plus. La lettre d’invitation elle-même ne coûte rien.
En quoi la lettre d’invitation pour un super visa est-elle différente?
Elle est obligatoire et son contenu est défini par les instructions ministérielles en vigueur depuis le 31 mars 2026. Elle doit inclure une promesse de soutien financier pour la durée des séjours autorisés, la preuve que l’hôte atteint le revenu vital minimum, ainsi que la liste et le nombre de personnes comptées dans la taille de la famille, avec le nom et la date de naissance de chacune. Seul l’époux ou le conjoint de fait de l’hôte peut la cosigner.
Suis-je responsable du visiteur si je signe une lettre d’invitation?
Selon IRCC, rédiger une lettre d’invitation ne rend pas son auteur légalement responsable du visiteur après son arrivée au Canada. La lettre doit toutefois être rédigée de bonne foi : son auteur doit dire la vérité et avoir l’intention de tenir les promesses qu’il y formule. Un engagement financier écrit sans intention de le respecter expose la personne invitée à des conséquences sur son dossier.
Que prévoit l’alinéa 179b) du RIPR?
L’alinéa 179b) du RIPR prévoit que l’agent délivre un visa de résident temporaire si, à l’issue d’un contrôle, il est établi que l’étranger quittera le Canada à la fin de la période de séjour autorisée qui lui est applicable. C’est la condition qui décide de la majorité des demandes de visa de visiteur, et c’est la personne invitée qui porte le fardeau de l’établir.
Peut-on inviter quelqu’un si l’on est étudiant ou travailleur temporaire au Canada?
La page d’IRCC consacrée à la lettre d’invitation construit celle-ci autour d’un hôte citoyen canadien, résident permanent ou personne inscrite en vertu de la Loi sur les Indiens, et ne prévoit rien pour un hôte titulaire d’un permis d’études ou de travail. Une lettre d’appui reste possible, accompagnée de la preuve du statut de l’hôte et de sa capacité d’héberger, mais elle sort du cadre décrit par IRCC et pèse moins lourd.
Que faire si le visa de visiteur est refusé malgré la lettre d’invitation?
Demandez d’abord les notes du Système mondial de gestion des cas par une demande d’accès à l’information et de protection des renseignements personnels, pour connaître le motif réel. Selon ce motif, trois voies existent : une nouvelle demande appuyée par des éléments nouveaux, une demande de réexamen lorsque l’agent a écarté une pièce du dossier, ou une demande d’autorisation et de contrôle judiciaire devant la Cour fédérale dans les délais prévus par la LIPR.
Quand consulter un consultant réglementé
Une consultation est particulièrement indiquée dans les situations suivantes :
- une demande de visa de visiteur a déjà été refusée;
- une lettre d’équité procédurale (LEP) a été reçue;
- une fausse déclaration est alléguée, ou un refus antérieur n’avait pas été déclaré;
- la personne invitée a une demande de résidence permanente en cours et la question de la double intention se pose;
- la lettre et les formulaires contiennent des contradictions;
- l’hôte est en séjour temporaire au Canada;
- le dossier est un super visa et le revenu vital minimum est atteint de justesse ou par cosignature;
- il existe des antécédents criminels, médicaux ou de séjour irrégulier dans un autre pays;
- un réexamen ou un contrôle judiciaire est envisagé.
Réservez une consultation avec un consultant réglementé. Consultation de 30 minutes : 150 $. Consultation urgente : 250 $. Taxes incluses.
Le cabinet est joignable par sa page de contact, et le parcours du consultant réglementé qui signe cet article y est détaillé.
Sources officielles
- Lettre d’invitation pour les visiteurs au Canada, IRCC
- Super visa pour parents et grands-parents, preuve de soutien financier, IRCC
- Loi sur l’immigration et la protection des réfugiés, LC 2001, ch. 27
- Règlement sur l’immigration et la protection des réfugiés, DORS/2002-227
Décisions vérifiées sur les banques de décisions de la Cour fédérale et de la Cour suprême du Canada. Frais et seuils vérifiés sur le barème des frais d’IRCC et sur les pages du super visa. Instructions ministérielles concernant le super visa pour les parents et les grands-parents (2026) consultées sur canada.ca.
Date de vérification des sources : 2026-08-09
Cet article fournit des renseignements généraux. Il ne constitue pas un avis juridique personnalisé et ne remplace pas l’analyse complète d’une situation particulière. Les règles, formulaires, frais, critères d’admissibilité et instructions changent régulièrement. Chaque demande est évaluée selon les faits, les documents présentés et le droit applicable au moment de la décision.
Auteur et mise à jour
Ali Hisseine Ladoual, consultant réglementé en immigration canadienne (CRIC R731736), commissaire à l’assermentation (250834), membre du CCIC et de la CAPIC.
Ladoual Immigration Canada Inc.
8850 boul. Saint-Laurent, bureau 6, Montréal (QC) H2N 1M4
438-925-8632 • contact@ladoualimmigration.ca • ladoualimmigration.ca
Dernière mise à jour : 2026-08-09
Prochaine révision prévue : 2027-02-09
Journal des mises à jour
- 2026-08-09 : restauration et refonte complète du pilier. Ajout des renseignements exigés par IRCC au sujet de l’hôte et de la personne invitée, du barème des frais vérifié, du tableau du revenu vital minimum mis à jour le 29 juillet 2025, des instructions ministérielles sur le super visa en vigueur depuis le 31 mars 2026, des dispositions de la LIPR et du RIPR expliquées, de quatre décisions vérifiées et des modèles de lettre pour la visite familiale, le super visa et la visite d’affaires.
- 2026-08-09 : publication initiale de la version restaurée.
