Super visa Canada : conditions, revenu exigé, documents, refus et solutions

Rédigé par Ali Hisseine Ladoual, consultant réglementé en immigration canadienne (CRIC R731736), commissaire à l’assermentation. Dernière vérification : 2026-08-11. Temps de lecture : 35 min.

En bref

Le super visa Canada permet à un parent ou à un grand-parent de séjourner au pays jusqu’à cinq ans par entrée, avec des entrées multiples pendant une période maximale de dix ans (IRCC, vérifié le 2026-08-11).

La condition déterminante ne pèse pas sur le voyageur mais sur son hôte : l’enfant ou le petit-enfant qui invite doit atteindre le revenu vital minimum, soit 72 560 $ pour une famille de six personnes selon le barème d’IRCC mis à jour le 29 juillet 2025.

Le demandeur doit joindre une police d’assurance maladie offrant au moins 100 000 $ de couverture d’urgence, valide pendant au moins un an à compter de la date d’entrée au Canada.

Le motif de refus le plus fréquent reste l’absence de conviction, chez l’agent des visas, que la personne quittera le Canada à la fin de la période de séjour autorisée.

Un refus ne ferme pas le dossier : une nouvelle demande, un réexamen ou une demande d’autorisation et de contrôle judiciaire déposée dans les soixante jours demeurent possibles selon le motif réel du refus.

Sommaire

Qu’est-ce que le super visa

Le super visa est un visa de résident temporaire à entrées multiples délivré par Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) aux parents et aux grands-parents d’un citoyen canadien, d’un résident permanent ou d’un Indien inscrit, qui les autorise à séjourner au Canada pendant cinq ans par entrée.

Le visa permet des entrées multiples pendant une période maximale de dix ans. Les personnes à charge ne peuvent pas être incluses : chaque parent et chaque grand-parent dépose sa propre demande et paie ses propres frais.

Ce que le super visa ne permet pas

Le super visa n’autorise ni le travail ni les études au Canada. Cette limite vient de l’article 183 du Règlement sur l’immigration et la protection des réfugiés (RIPR), qui impose à tout résident temporaire de ne pas travailler et de ne pas étudier sans autorisation. Un permis distinct est nécessaire dans les deux cas.

Le super visa ne mène pas non plus à la résidence permanente et ne garantit pas l’entrée au Canada. IRCC est explicite : détenir un super visa et un document de voyage valides ne garantit pas l’entrée, et l’agent des services frontaliers procède à sa propre vérification à l’arrivée.

Enfin, le super visa ne remplace pas le parrainage des parents et grands-parents. Une personne dont la demande de parrainage est déjà déposée peut présenter une demande de super visa en attendant la décision, ou retirer le parrainage à tout moment pour demander le super visa (IRCC, vérifié le 2026-08-11).

Qui est admissible

Deux personnes doivent être admissibles pour qu’un super visa soit délivré : le voyageur qui dépose la demande, et l’hôte qui l’invite. Un dossier solide du côté du voyageur ne compense jamais un hôte qui ne remplit pas les conditions.

Personnes potentiellement admissibles

  • le père ou la mère, biologique ou adoptif, d’un citoyen canadien, d’un résident permanent du Canada ou d’un Indien inscrit;
  • le grand-père ou la grand-mère, biologique ou adoptif, d’une de ces mêmes personnes;
  • le parent ou le grand-parent dispensé de l’obligation de visa, qui recevra une lettre à présenter à l’agent des services frontaliers à l’arrivée;
  • le parent ou le grand-parent dont une demande de parrainage est en cours de traitement.

Personnes généralement non admissibles

  • les frères, sœurs, oncles, tantes, cousins, neveux et nièces, puisque aucune autre parenté ne donne accès au programme;
  • les personnes à charge du parent ou du grand-parent, qui ne peuvent pas être incluses dans la demande;
  • la personne déjà présente au Canada, la demande devant être déposée depuis l’extérieur du pays;
  • la personne interdite de territoire pour criminalité, sécurité, motifs sanitaires ou financiers, ou atteinte aux droits de la personne;
  • la personne dont l’hôte n’atteint pas le revenu vital minimum, quelle que soit la qualité du reste du dossier.

Être admissible ne garantit jamais l’approbation. L’admissibilité ouvre l’examen, elle n’en décide pas l’issue. Des dossiers parfaitement admissibles se font refuser tous les jours parce que l’agent n’est pas convaincu du caractère temporaire du séjour.

Conditions d’admissibilité

Le lien de parenté avec l’hôte

La règle. Le demandeur doit être le parent ou le grand-parent, biologique ou adoptif, de son hôte. L’hôte doit être citoyen canadien, résident permanent ou Indien inscrit, avoir au moins 18 ans et résider au Canada.

La preuve. Le certificat de naissance ou de baptême de l’hôte, ou tout autre document officiel désignant le demandeur comme parent ou grand-parent. Le statut de l’hôte se prouve par son certificat de citoyenneté, son document de résident permanent ou son certificat de statut d’Indien.

L’erreur fréquente. Fournir l’acte de naissance du demandeur au lieu de celui de l’hôte.

La conséquence. Refus sans examen du reste du dossier.

Le revenu vital minimum de l’hôte

La règle. L’hôte doit avoir un revenu égal ou supérieur au revenu vital minimum correspondant à la taille de sa famille. L’article 2 du RIPR définit ce revenu comme le montant publié chaque année par Statistique Canada pour les régions urbaines de 500 000 habitants et plus. Ce seuil s’applique partout au pays, y compris à un hôte établi dans une petite municipalité.

La preuve. L’avis de cotisation de l’Agence du revenu du Canada. À défaut, IRCC accepte le feuillet T4 ou T1 de la dernière année d’imposition, les relevés de paye des douze derniers mois, une lettre d’employeur originale indiquant le poste, la description du travail et le salaire, ou des relevés bancaires de la dernière année civile montrant des dépôts réguliers liés à un emploi ou à une pension.

L’erreur fréquente. Déposer un relevé bancaire d’un ou deux mois en croyant qu’il tient lieu de preuve de revenu annuel.

La conséquence. Refus, sans que l’agent puisse retenir un seuil plus bas au motif que l’hôte vit dans une région moins chère.

Le calcul de la taille de la famille

La règle. La taille de la famille détermine le seuil applicable. IRCC exige d’y inclure le demandeur du super visa et tout autre demandeur soutenu par l’hôte, l’enfant ou le petit-enfant hôte, l’époux ou le conjoint de fait de l’hôte y compris un époux dont il est séparé, les enfants à charge de l’hôte et de son époux ou conjoint de fait quelles que soient les modalités de garde, les titulaires d’un super visa déjà approuvés figurant dans une autre lettre d’invitation toujours en vigueur, et les personnes déjà parrainées par l’hôte ou son cosignataire dont l’engagement s’applique encore.

La preuve. La lettre d’invitation contient la liste et le nombre de ces personnes, avec le nom et la date de naissance de chacune.

L’erreur fréquente. Oublier les personnes parrainées dont l’engagement court encore, ou les parents du conjoint déjà titulaires d’un super visa. Elles comptent même si elles ne sont pas au Canada.

La conséquence. L’agent recalcule, applique le bon seuil, et refuse si le revenu ne l’atteint pas.

Le barème du revenu vital minimum

Nombre de membres de la familleRevenu minimum requis de l’hôte
1 personne30 526 $
2 personnes38 002 $
3 personnes46 720 $
4 personnes56 724 $
5 personnes64 336 $
6 personnes72 560 $
7 personnes80 784 $
Chaque personne au-delà de 7ajouter 8 224 $

Barème publié par IRCC, mis à jour le 29 juillet 2025, vérifié le 2026-08-11. Ces montants changent chaque année : vérifiez le barème en vigueur à la date du dépôt.

Les deux façons de prouver le revenu

La règle. IRCC prévoit deux options, et la seconde est largement ignorée. Option 1 : le revenu total de l’hôte, cosignataire compris, atteint le seuil au cours de l’une ou l’autre des deux années d’imposition précédant le dépôt. Option 2 : ce revenu représente au moins 75 % du seuil pour l’année précédant le dépôt, et le demandeur ajoute son propre revenu pour couvrir le reste, la somme combinée devant atteindre le seuil. Ces deux voies sont récentes : IRCC a modifié le calcul du revenu familial le 31 mars 2026, et toutes les demandes en traitement à cette date ou déposées depuis sont évaluées selon ces critères (avis d’IRCC du 20 mars 2026, vérifié le 2026-08-11).

La preuve. Sous l’option 1, l’avis de cotisation suffit. Sous l’option 2, le demandeur produit ses relevés de paye des douze derniers mois, une lettre d’employeur originale, ses relevés bancaires de la dernière année civile, ses relevés de pension, ou une preuve de propriété et des contrats de location indiquant le loyer et sa fréquence. Il doit prouver que ce revenu continuera pendant son séjour, et le document doit indiquer la devise.

L’erreur fréquente. Renoncer parce que l’hôte est à quelques milliers de dollars du seuil, sans savoir que l’option 2 existe.

La conséquence. Des familles admissibles ne déposent jamais, ou déposent sous l’option 1 avec un revenu insuffisant.

L’assurance maladie privée

La règle. Le demandeur doit avoir souscrit une assurance maladie privée valide pendant au moins un an à compter de la date d’entrée au Canada, auprès d’une compagnie canadienne ou d’une compagnie étrangère approuvée par la ministre. Une compagnie étrangère n’est acceptée que si elle est autorisée par le Bureau du surintendant des institutions financières (BSIF) en vertu de la Loi sur les sociétés d’assurances à fournir une assurance contre les accidents et la maladie, si elle figure sur la liste publique du BSIF, et si elle a émis la police dans le cadre de ses activités d’assurance au Canada.

La preuve. La police doit nommer la compagnie qui l’a émise, être valide au moins un an à compter de la date d’entrée, être payée au complet ou par versements avec un dépôt, couvrir les frais de santé, d’hospitalisation et de rapatriement, offrir une couverture minimale d’urgence de 100 000 $, être valide pour chaque entrée et rester accessible aux agents des services frontaliers sur demande. Une police étrangère porte en outre une déclaration indiquant qu’elle a été délivrée dans le cadre des activités d’assurance de la compagnie au Canada.

L’erreur fréquente. Déposer une soumission au lieu d’une police, ou un document émis par un courtier.

La conséquence. Refus, et risque de refus d’entrée si l’assurance expire en cours de séjour.

L’examen médical d’immigration

La règle. Le demandeur doit se soumettre à un examen médical aux fins de l’immigration, effectué par un médecin désigné approuvé. IRCC exige un examen médical valide de tous les demandeurs.

La preuve. La preuve de l’examen se joint à la demande.

L’erreur fréquente. Passer l’examen chez un médecin de famille plutôt que chez un médecin désigné.

La conséquence. IRCC réclame un nouvel examen, ou refuse pour motifs sanitaires si l’état de santé emporte une interdiction de territoire.

L’intention de quitter le Canada

La règle. L’alinéa 179b) du RIPR conditionne la délivrance du visa à la conviction de l’agent que l’étranger quittera le Canada à la fin de la période autorisée, et l’alinéa 20(1)b) de la Loi sur l’immigration et la protection des réfugiés (LIPR) impose cette preuve au demandeur. IRCC examine les liens avec le pays d’origine, le but de la visite, ainsi que la situation familiale et financière.

La preuve. Emploi actif avec lettre d’employeur, pension, propriété, entreprise, obligations familiales dans le pays d’origine, conjoint qui reste, historique de voyages respectés.

L’erreur fréquente. Rédiger une lettre qui insiste sur le besoin permanent de la famille au Canada, ce qui décrit un séjour indéfini plutôt qu’une visite.

La conséquence. C’est le motif de refus le plus courant, et celui qu’une nouvelle demande identique ne répare jamais.

Références juridiques applicables

RéférenceSujetCe que cela signifie en pratique
LIPR, art. 11(1)Visa demandé avant l’entréeLa demande se dépose depuis l’étranger et l’agent délivre le visa après avoir constaté l’absence d’interdiction de territoire.
LIPR, art. 20(1)b)Fardeau de preuveC’est au demandeur de prouver qu’il quittera le Canada.
LIPR, art. 22(2)Double intentionVouloir un jour s’établir au Canada n’interdit pas d’obtenir un statut temporaire.
LIPR, art. 72(2)b)Délai du contrôle judiciaireSoixante jours pour une décision rendue hors du Canada, quinze jours pour une décision rendue au Canada.
RIPR, art. 2Revenu vital minimumLe seuil est celui de Statistique Canada pour les régions urbaines de 500 000 habitants et plus, partout au pays.
RIPR, art. 179Délivrance du visa de résident temporaireSept conditions cumulatives, dont le départ à la fin du séjour.
RIPR, art. 183(1)Conditions du résident temporaireQuitter le Canada à la fin du séjour, ne pas travailler et ne pas étudier sans autorisation.
RIPR, art. 183(5)Maintien du statutUne demande de prolongation déposée avant l’expiration du statut maintient celui-ci jusqu’à la décision.
Instructions ministérielles concernant un super visa pour les parents et les grands-parents (2023)Cadre du programmePrises sous le régime du paragraphe 15(4) de la LIPR, elles lient l’agent et fixent l’exigence de revenu de l’hôte.

Que prévoit l’alinéa 179b) du RIPR?

L’alinéa 179b) du RIPR prévoit que l’agent délivre un visa de résident temporaire seulement s’il est établi que l’étranger quittera le Canada à la fin de la période de séjour autorisée. C’est la disposition citée dans presque toutes les lettres de refus de super visa. Elle place le fardeau du côté du demandeur : l’agent n’a pas à démontrer que la personne restera, c’est la personne qui doit démontrer qu’elle partira, selon la prépondérance des probabilités.

Que prévoit l’article 183 du RIPR?

L’article 183 du RIPR impose trois conditions à tout résident temporaire : quitter le Canada à la fin de la période autorisée, ne pas travailler sauf autorisation, et ne pas étudier sans autorisation. Son paragraphe (2) fixe par défaut la période de séjour à six mois, ou à toute autre durée que l’agent détermine selon les moyens de subsistance de la personne, la période demandée et la validité de son passeport. C’est de ce pouvoir, encadré par les instructions ministérielles, que découle le séjour de cinq ans propre au super visa.

Que prévoit le paragraphe 22(2) de la LIPR?

Le paragraphe 22(2) de la LIPR énonce la règle de la double intention : l’intention de s’établir au Canada n’empêche pas un étranger de devenir résident temporaire, s’il prouve qu’il aura quitté le Canada à la fin de la période autorisée. Cette disposition compte pour les familles dont un parrainage est en cours. Le parrainage déposé n’est pas en soi un motif de refus du super visa, mais le dossier doit expliquer comment les deux démarches coexistent.

Comment l’article 2 du RIPR s’applique-t-il en pratique?

L’article 2 du RIPR fixe un seuil unique pour tout le pays. Un hôte établi à Sherbrooke, à Trois-Rivières ou à Brossard doit atteindre le même revenu qu’un hôte de Montréal ou de Toronto, même si son coût de la vie est plus bas. La Cour fédérale a confirmé cette lecture dans la décision Yu, présentée à la section sur la jurisprudence.

Ces dispositions ont été vérifiées sur laws-lois.justice.gc.ca le 2026-08-11.

Documents à fournir

Documents d’identité et de statut

  • passeport valide du demandeur, couvrant la durée du séjour prévu;
  • certificat de citoyenneté canadienne de l’hôte, ou son document de résident permanent, ou son certificat de statut d’Indien;
  • même preuve pour l’époux ou le conjoint de fait de l’hôte lorsqu’il cosigne;
  • photographies conformes aux spécifications d’IRCC.

Documents propres à la demande

  • lettre d’invitation rédigée et signée par l’enfant ou le petit-enfant hôte;
  • preuve d’assurance maladie privée conforme, sous forme de police et non de soumission;
  • preuve de l’examen médical effectué par un médecin désigné;
  • preuve du lien de parenté : certificat de naissance ou de baptême de l’hôte, ou autre document officiel;
  • formulaire Recours aux services d’un représentant (IMM 5476) lorsqu’un représentant agit au dossier.

Documents de revenu de l’hôte

  • avis de cotisation de l’hôte, et du cosignataire le cas échéant, pour l’une des deux années d’imposition précédant le dépôt;
  • à défaut : feuillet T4 ou T1 de la dernière année d’imposition, relevés de paye des douze derniers mois, lettre d’employeur originale;
  • relevés bancaires de la dernière année civile montrant les revenus de placements et les dépôts réguliers liés à un emploi ou à une pension;
  • relevés de pension, titres de propriété et contrats de location indiquant le loyer et la fréquence des paiements;
  • sous l’option des 75 %, les mêmes documents pour le revenu du demandeur, avec la preuve que ce revenu continuera pendant le séjour et la mention de la devise.

Documents explicatifs

  • lettre d’explication du demandeur : motif du séjour, durée prévue, attaches dans le pays d’origine;
  • preuves de ces attaches : lettre d’emploi, relevé de pension, titres de propriété, registre d’entreprise, actes d’état civil du conjoint et des enfants restés au pays;
  • historique de voyages, avec copies des visas antérieurs et des tampons d’entrée et de sortie;
  • explication écrite de tout refus antérieur, dépassement de séjour ou période d’irrégularité dans un autre pays.

Documents supplémentaires selon le dossier

  • exigences propres au bureau des visas local, qui varient selon le pays de dépôt;
  • certificat de police, lorsque IRCC en demande un en cours de traitement;
  • traduction française ou anglaise de tout document rédigé dans une autre langue, avec affidavit lorsque la personne qui traduit n’est pas traductrice agréée.

Ce que doit contenir la lettre d’invitation

La lettre d’invitation est le document le plus souvent bâclé du dossier, et celui qu’IRCC encadre le plus précisément. Elle doit être rédigée et signée par l’enfant ou le petit-enfant qui accueille, contenir la preuve qu’il atteint ou dépasse le revenu vital minimum, et présenter la liste et le nombre de personnes comptées dans la taille de la famille, avec le nom et la date de naissance de chacune. L’époux ou le conjoint de fait de l’hôte peut cosigner et fournir une preuve de son revenu s’il est lui-même citoyen canadien, résident permanent ou Indien inscrit; les frères et sœurs ne le peuvent pas. Pour la structure attendue, voyez notre modèle de lettre d’invitation pour le Canada, à adapter au dossier plutôt qu’à recopier.

Procédure de demande

Étape 1 : vérifier l’admissibilité des deux côtés

Vérifiez le statut de l’hôte, son âge et sa résidence au Canada, puis calculez la taille de la famille et comparez son revenu au seuil correspondant. Ce calcul se fait avant tout le reste. Si le séjour prévu est de six mois ou moins, un visa de visiteur ordinaire est la voie appropriée et la démarche est plus légère.

Étape 2 : réunir les documents

Rassemblez tout avant d’ouvrir le portail. IRCC avertit qu’une demande dont les documents ne sont pas clairs et faciles à lire peut être retournée ou traitée avec retard, et qu’une demande incomplète peut être refusée.

Étape 3 : ouvrir une session et répondre au questionnaire

La demande se dépose dans le portail d’IRCC, depuis l’extérieur du Canada. Deux réponses conditionnent tout le parcours. À la question « Je souhaite demander », sélectionnez « Visa de visiteur ou super visa ». À la question « Pourquoi avez-vous besoin d’un visa de visiteur? », sélectionnez « Pour rendre visite à mes enfants ou petits-enfants pendant plus de 6 mois (super visa) ». Une erreur ici produit une liste de contrôle de visa de visiteur ordinaire et le dossier part dans la mauvaise catégorie. La nouvelle version du portail est réservée aux personnes de 18 ans ou plus qui déposent seules, n’ont jamais présenté de demande à IRCC et n’ont pas de représentant.

Étape 4 : téléverser les formulaires et les documents

Le questionnaire génère une liste de contrôle personnalisée. Téléversez chaque pièce à l’emplacement prévu, et joignez celles qui n’ont pas d’emplacement dédié dans la section des documents à l’appui, avec une page de garde qui les identifie.

Étape 5 : payer les frais et fournir les données biométriques

Le paiement se fait à la fin du processus, par carte de crédit, carte Visa Débit ou Débit MasterCard, et le reçu doit être imprimé. Payez les frais de biométrie en même temps que la demande lorsqu’ils s’appliquent, faute de quoi le traitement prend du retard. Attendez ensuite la lettre d’instructions pour la collecte des données biométriques. Un point technique passe souvent inaperçu : IRCC ne peut pas délivrer un super visa valide plus longtemps que la période de validité des données biométriques.

Étape 6 : conserver la preuve de dépôt

Conservez le reçu de paiement, la confirmation de soumission, la liste de contrôle générée par le portail et une copie complète du dossier tel que déposé. Cette copie est la seule façon de démontrer plus tard ce qui se trouvait devant l’agent, et c’est la pièce déterminante dans un réexamen ou un contrôle judiciaire.

Délais, durée et droits pendant le traitement

Quel est le délai de traitement d’un super visa?

IRCC affiche un délai variable selon le pays et renvoie à son outil de vérification des délais de traitement (vérifié le 2026-08-11). Le délai dépend du bureau des visas et ne comprend pas le temps nécessaire pour fournir les données biométriques. Il s’agit d’une estimation affichée à une date donnée, jamais d’un engagement.

Combien coûte une demande de super visa?

ÉlémentMontantSource et date
Frais de super visa, par personne100 $IRCC, vérifié le 2026-08-11
Frais de données biométriques85 $IRCC, vérifié le 2026-08-11
Fiche du visiteur, pour prolonger depuis le Canadaà partir de 100 $IRCC, vérifié le 2026-08-11

Les frais de visa ne sont pas exigés des demandeurs venant d’un pays dispensé de l’obligation de visa. L’assurance maladie privée, l’examen médical et les frais du centre de réception des demandes de visa s’ajoutent et varient selon le pays.

Combien de temps dure le séjour autorisé?

Une demande déposée le 22 juin 2023 ou après cette date donne droit à un séjour de cinq ans à la fois. Pour une demande déposée avant le 22 juin 2023, la date d’entrée compte : une entrée effectuée le 22 juin 2023 ou après donne cinq ans, même si l’agent des services frontaliers n’estampille pas le passeport, tandis qu’une entrée antérieure ne donne droit qu’à la période accordée par l’agent à ce moment.

Peut-on prolonger le séjour depuis le Canada?

Oui, en demandant une fiche du visiteur avant l’expiration du statut. Les frais commencent à 100 $ et IRCC affichait un délai de 316 jours le 2026-08-11. Le paragraphe 183(5) du RIPR prévoit que le statut est maintenu jusqu’à la décision lorsque la demande est déposée avant l’expiration de la période de séjour. Une demande déposée après l’expiration ne bénéficie pas de ce maintien.

Faut-il une autorisation de voyage électronique?

Une personne dispensée de l’obligation de visa qui obtient un super visa reçoit une lettre à présenter à l’agent des services frontaliers, et elle peut devoir demander séparément une autorisation de voyage électronique (AVE) si elle se rend au Canada en avion. L’AVE est liée au passeport utilisé pour l’obtenir, ce qui oblige à voyager avec ce passeport précis.

Quelles conditions respecter pendant le séjour?

Le titulaire d’un super visa doit conserver son assurance maladie pendant tout son séjour et présenter une preuve valide à chaque nouvelle entrée au Canada. Son passeport doit rester valide. Si l’assurance prend fin avant le départ du Canada, la police doit être renouvelée.

Existe-t-il des restrictions temporaires à l’entrée?

Oui. IRCC indiquait le 2026-08-11 que les ressortissants étrangers résidant en République démocratique du Congo, au Soudan du Sud et en Ouganda ne peuvent pas se rendre au Canada depuis le 27 mai 2026, et que depuis le 20 juillet 2026, les ressortissants étrangers ayant visité la République démocratique du Congo dans les vingt et un derniers jours ne peuvent pas s’y rendre. Ces mesures liées à la maladie à virus Ebola évoluent et se vérifient sur canada.ca avant tout achat de billet.

Particularités québécoises

Le super visa est une mesure entièrement fédérale : le Québec ne sélectionne pas les visiteurs et aucun certificat d’acceptation du Québec n’entre dans la demande. Ce certificat vise les personnes qui viennent étudier ou travailler, selon une logique différente, détaillée dans notre guide sur la demande de CAQ en ligne au Québec.

Le seuil de revenu ne s’ajuste pas au coût de la vie québécois. Un hôte de Brossard, de Gatineau, de Saguenay ou de Rimouski doit atteindre le même revenu vital minimum qu’un hôte de Montréal, parce que l’article 2 du RIPR renvoie au montant publié par Statistique Canada pour les régions urbaines de 500 000 habitants et plus. C’est la question tranchée par la Cour fédérale dans la décision Yu, une affaire entendue à Montréal où les hôtes vivaient dans une municipalité d’environ 95 000 habitants.

La couverture publique de santé ne remplace pas l’assurance privée. La Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ) indique qu’une personne venue au Québec pour un voyage de six mois ou moins ne peut pas s’inscrire à l’assurance maladie, que les mêmes conditions s’appliquent aux personnes qui l’accompagnent, et qu’une journée d’hospitalisation peut coûter plus de 3 000 $ en plus des honoraires des médecins (RAMQ, vérifié le 2026-08-11). Quel que soit le statut du dossier auprès de la RAMQ, l’assurance privée reste une condition du super visa imposée par IRCC pendant toute la durée du séjour.

Dernier point pour les familles montréalaises : les documents d’état civil délivrés dans une autre langue que le français ou l’anglais doivent être traduits, avec affidavit lorsque la personne qui traduit n’est pas traductrice agréée. Un acte de naissance déposé sans traduction suffit à faire retourner une demande.

Erreurs fréquentes

Ces erreurs viennent de dossiers réels traités par le cabinet. Elles ne figurent sur aucune liste officielle, et ce sont pourtant elles qui coûtent le plus cher.

  • Déposer une soumission d’assurance au lieu d’une police. Le devis obtenu en ligne, même détaillé, n’est pas une police payée, et IRCC écrit que les soumissions ne sont pas acceptées.
  • Déposer le document d’un courtier. Les courtiers et les administrateurs de sinistres ne sont pas des compagnies d’assurance. La police doit nommer l’assureur qui l’a émise.
  • Sous-compter la taille de la famille. Les personnes déjà parrainées dont l’engagement court encore, et les titulaires d’un super visa figurant dans une lettre d’invitation toujours en vigueur, comptent même si elles ne sont pas au Canada.
  • Annoncer une aide domestique permanente dans la lettre d’invitation. Présenter le parent comme un renfort pour la garde des enfants et les tâches quotidiennes crée deux problèmes : cela ressemble à du travail non autorisé au sens de l’article 183 du RIPR, et cela décrit un besoin durable, donc un séjour qui n’a rien de temporaire.
  • Fournir un relevé bancaire d’un ou deux mois comme preuve de revenu. Le document attendu est l’avis de cotisation, ou à défaut les relevés de paye des douze derniers mois et les relevés bancaires de la dernière année civile complète.
  • Ignorer l’option des 75 %. Des familles renoncent alors que le revenu du parent, une pension ou des revenus locatifs auraient complété le calcul de façon parfaitement conforme.
  • Taire un refus antérieur ou un dépassement de séjour dans un autre pays. L’information ressort presque toujours et se transforme en question de crédibilité, voire en allégation de fausse déclaration.
  • Laisser des contradictions entre les formulaires et les lettres. Une case cochée indiquant que le conjoint accompagne le demandeur, contredite par une lettre expliquant qu’il reste au pays, suffit à faire écarter la lettre.
  • Redéposer une demande identique après un refus. Sans élément nouveau, la deuxième demande reçoit le même traitement, et le second refus alourdit l’historique.
  • Se fier à des renseignements trouvés sur un forum. Les seuils changent chaque année, la durée de séjour a changé le 22 juin 2023 et le calcul du revenu de l’hôte a changé le 31 mars 2026. Une réponse trouvée sur un forum en 2021 est périmée sur les trois points.

Motifs fréquents de refus

Cette section décrit ce que l’agent écrit dans sa décision, ce qui n’est pas la même chose que ce que le demandeur a mal fait. Les motifs les plus courants sont les suivants :

  1. l’agent n’est pas convaincu que le demandeur quittera le Canada à la fin du séjour autorisé;
  2. le revenu de l’hôte n’atteint pas le revenu vital minimum applicable, ou n’est pas prouvé;
  3. l’assurance maladie ne satisfait pas aux exigences du programme;
  4. les liens du demandeur avec son pays d’origine sont jugés faibles;
  5. le but de la visite est jugé incompatible avec un séjour temporaire;
  6. des incohérences apparaissent entre les formulaires, les lettres et les pièces;
  7. l’historique d’immigration révèle un manquement antérieur;
  8. la demande est incomplète;
  9. une fausse déclaration est soupçonnée.

L’agent n’est pas convaincu du départ à la fin du séjour

Pourquoi l’agent refuse. Il applique l’alinéa 179b) du RIPR et conclut, selon la prépondérance des probabilités, que la personne ne repartira pas. Il compare les attaches au Canada et celles du pays d’origine, et tient compte du contexte économique et politique de ce pays.

La preuve qui manquait. Une démonstration concrète de ce qui ramène la personne chez elle : emploi documenté, pension versée localement, conjoint qui reste, propriété, obligations familiales, avec pièces à l’appui plutôt qu’affirmations.

Comment réduire le risque. Documentez le retour plutôt que la visite. Une lettre qui consacre trois paragraphes aux retrouvailles et deux lignes aux attaches travaille contre le dossier.

Le revenu de l’hôte est insuffisant ou mal prouvé

Pourquoi l’agent refuse. Le revenu vital minimum est une condition du programme et l’agent ne peut pas y déroger. Il calcule la taille de la famille, applique le seuil correspondant et le compare à la preuve au dossier.

La preuve qui manquait. L’avis de cotisation de l’année d’imposition pertinente, ou l’ensemble complet des documents de remplacement.

Comment réduire le risque. Refaites le calcul de la taille de la famille avant de déposer, puis vérifiez si l’option des 75 % permet d’ajouter le revenu du demandeur.

Les liens familiaux au Canada sont retenus contre le demandeur

Pourquoi l’agent refuse. Il constate que les enfants et les petits-enfants vivent au Canada et en tire une inférence défavorable sur l’intention de revenir.

La preuve qui manquait. Souvent aucune. Ce raisonnement est juridiquement fragile, parce que la présence d’enfants ou de petits-enfants au Canada est la condition même d’accès au programme.

Comment réduire le risque. Conservez ce motif par écrit et faites-le examiner. La Cour fédérale a jugé un tel raisonnement illogique dans la décision Sharifi.

Une incohérence est traitée comme une question de crédibilité

Pourquoi l’agent refuse. Il relève une contradiction entre deux pièces et cesse d’accorder du poids aux déclarations du demandeur.

La preuve qui manquait. Une explication de la contradiction, fournie avant que l’agent la découvre seul.

Comment réduire le risque. Relisez les formulaires ligne par ligne contre les lettres. Lorsque l’agent tire une conclusion voilée sur la crédibilité sans donner l’occasion de répondre, il y a matière à contestation pour manquement à l’équité procédurale.

Que faire après un refus

Un refus de super visa n’est pas définitif, mais la bonne réponse dépend du motif réel du refus, qui figure rarement en entier dans la lettre.

Obtenir les notes du Système mondial de gestion des cas

La lettre de refus est une lettre type. Le raisonnement réel se trouve dans les notes consignées par l’agent dans le Système mondial de gestion des cas, qui font partie des motifs de la décision. Ces notes s’obtiennent par une demande d’accès à l’information et de protection des renseignements personnels (AIPRP). Aucune stratégie sérieuse ne se décide avant de les avoir lues : un refus fondé sur l’assurance se corrige en quelques semaines, un refus fondé sur la crédibilité demande une tout autre approche.

Présenter une nouvelle demande

Une nouvelle demande est possible en tout temps, sans délai d’attente imposé. Elle n’a de sens que si le dossier a réellement changé : nouvelle preuve de revenu, police conforme, attaches mieux documentées, explication d’un antécédent. Dans la décision Ali, la Cour fédérale a rejeté le contrôle judiciaire tout en notant que le demandeur restait libre de redéposer avec une preuve actualisée et qu’un temps appréciable l’éloignait désormais de son manquement antérieur.

Demander un réexamen

La demande de réexamen s’adresse au bureau des visas qui a rendu la décision. Elle convient surtout à l’erreur manifeste : une pièce présente au dossier mais non prise en compte, un calcul de taille de famille erroné, un document lisible traité comme illisible. Le réexamen relève d’un pouvoir discrétionnaire, il n’existe aucun droit au réexamen, et il ne suspend aucun délai de recours.

Répondre à une lettre d’équité procédurale

Lorsque IRCC soupçonne une fausse déclaration ou doute d’un document, il envoie une lettre d’équité procédurale (LEP) avant de décider. La réponse doit traiter chaque préoccupation nommée, avec des pièces, dans le délai indiqué. Une réponse générique ou hors délai conduit presque toujours au refus, et une conclusion de fausse déclaration emporte une interdiction de territoire de plusieurs années, bien plus lourde qu’un simple refus.

Déposer une demande d’autorisation et de contrôle judiciaire

Le contrôle judiciaire devant la Cour fédérale vise à faire annuler la décision pour caractère déraisonnable ou pour manquement à l’équité procédurale. L’alinéa 72(2)b) de la LIPR fixe le délai à soixante jours lorsque la décision a été rendue hors du Canada, et à quinze jours lorsqu’elle a été rendue au Canada, à compter de la date où la personne en est avisée ou en a eu connaissance. Un juge peut proroger ce délai pour motifs valables, mais cette prorogation n’est jamais acquise. La Cour ne délivre pas le visa : lorsqu’elle accueille la demande, elle renvoie le dossier à un autre agent pour une nouvelle décision.

Envisager une autre voie

Selon la situation, un visa de visiteur pour six mois ou moins, ou une demande de parrainage familial des parents et grands-parents, répond parfois mieux au besoin réel de la famille. Aucune de ces options n’est automatique, et la stratégie dépend du motif réel du refus tel qu’il apparaît dans les notes de l’agent.

Jurisprudence importante

IRCC ne cite aucune décision dans ses pages. Les six décisions ci-dessous ont été vérifiées par lecture du dispositif le 2026-08-11.

Sharifi c. Canada (Citoyenneté et Immigration), 2026 CF 99

Tribunal : Cour fédérale (motifs rendus en anglais)

Question juridique : l’agent pouvait-il refuser un super visa en retenant contre les demandeurs l’importance de leurs liens familiaux au Canada et le contexte socio-économique de leur pays?

Principe : il est illogique de tirer une inférence défavorable de la présence d’enfants et de petits-enfants au Canada, puisque cette présence est la condition même d’accès au programme, dont le seul objet est de réunir les parents et grands-parents avec leur famille au Canada. L’agent doit aussi procéder à une analyse personnalisée du contexte du pays.

Résultat : demande de contrôle judiciaire accueillie, en faveur des demandeurs, décision annulée et renvoyée à un autre décideur.

Paragraphes pertinents : par. 7 à 9.

Application pratique : un refus qui invoque les liens familiaux importants au Canada repose sur un raisonnement déjà écarté par la Cour fédérale, et mérite d’être contesté plutôt que suivi d’un simple nouveau dépôt.

Chera c. Canada (Citoyenneté et Immigration), 2023 CF 733

Tribunal : Cour fédérale

Question juridique : l’agent devait-il permettre au demandeur de s’expliquer avant de retenir contre lui une contradiction entre son formulaire de renseignements sur la famille et sa déclaration écrite?

Principe : lorsque l’agent écarte une déclaration à cause d’une incohérence perçue, il tire une conclusion voilée sur la crédibilité et doit donner au demandeur l’occasion de répondre. De longs séjours antérieurs au Canada, respectueux des conditions imposées, n’appuient pas à eux seuls la conclusion que la personne restera sans autorisation.

Résultat : demande de contrôle judiciaire accueillie, en faveur du demandeur, décision annulée et renvoyée à un autre agent des visas.

Paragraphes pertinents : par. 20 à 28, et par. 32 à 34.

Application pratique : une case cochée par inadvertance qui contredit une lettre détaillée ne devrait pas faire tomber le dossier sans que la personne ait pu s’expliquer.

Yu c. Canada (Citoyenneté et Immigration), 2025 CF 1030

Tribunal : Cour fédérale

Question juridique : l’agent pouvait-il appliquer le seuil de faible revenu des régions urbaines de 500 000 habitants et plus à des hôtes établis dans une municipalité d’environ 95 000 habitants?

Principe : oui. Les instructions ministérielles applicables et l’article 2 du RIPR renvoient au montant publié par Statistique Canada pour les régions urbaines de 500 000 habitants et plus, et l’agent ne dispose d’aucun pouvoir discrétionnaire de retenir un autre seuil.

Résultat : demande de contrôle judiciaire rejetée, en faveur du ministre.

Paragraphes pertinents : par. 4 à 6.

Application pratique : contester le seuil parce que la famille vit dans une ville moyenne est une stratégie perdante. La Cour a aussi relevé l’absence de preuve de revenu pour l’année d’imposition pertinente et des relevés bancaires portant sur un seul mois.

Ali c. Canada (Citoyenneté et Immigration), 2026 CF 64

Tribunal : Cour fédérale (motifs rendus en anglais)

Question juridique : l’agent pouvait-il tenir compte d’un dépassement de séjour de cinq ans dans un pays tiers et d’une conclusion antérieure de fausse déclaration, alors que la période d’interdiction de territoire était expirée?

Principe : oui. L’inobservation antérieure des lois de l’immigration demeure pertinente pour apprécier la probabilité du respect futur des conditions, même après l’expiration de la période d’interdiction de territoire.

Résultat : demande de contrôle judiciaire rejetée, en faveur du ministre.

Paragraphes pertinents : par. 8 à 15.

Application pratique : un antécédent d’immigration ne disparaît pas avec l’expiration de l’interdiction de territoire. Il doit être déclaré, expliqué et contextualisé dans la demande.

Mohammadi c. Canada (Citoyenneté et Immigration), 2025 CF 1956

Tribunal : Cour fédérale (motifs rendus en anglais)

Question juridique : un agent pouvait-il refuser une demande fondée sur des considérations d’ordre humanitaire au motif que la personne disposait d’autres voies, dont le super visa?

Principe : non, pas sans justification. L’agent qui invoque l’accès à d’autres programmes doit expliquer en quoi ils constituent une option réaliste et viable, et ne peut pas se fonder sur une hypothèse contredite par les politiques de son propre ministère.

Résultat : demande de contrôle judiciaire accueillie, en faveur de la demanderesse, décision annulée et renvoyée à un autre agent.

Paragraphes pertinents : par. 20 à 26.

Application pratique : le super visa n’est pas une réponse universelle aux besoins d’une famille et ne remplace pas automatiquement une demande de statut permanent.

Canada (Ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration) c. Vavilov, 2019 CSC 65

Tribunal : Cour suprême du Canada

Question juridique : quel cadre s’applique au contrôle judiciaire des décisions administratives, et que doit contenir une décision pour être raisonnable?

Principe : une décision administrative raisonnable possède les caractéristiques de la justification, de la transparence et de l’intelligibilité, et doit être justifiée au regard des contraintes juridiques et factuelles applicables.

Résultat : pourvoi du ministre rejeté, en faveur de M. Vavilov. La Cour a confirmé l’arrêt de la Cour d’appel fédérale annulant la décision de la greffière.

Paragraphes pertinents : par. 99 à 101 et par. 125 à 126.

Application pratique : un refus de super visa se conteste en démontrant l’absence de justification, non en plaidant que l’agent aurait dû soupeser la preuve autrement.

Ce que les tribunaux examinent

La Cour fédérale ne réévalue pas la preuve et ne délivre pas le visa à la place de l’agent. Elle vérifie si la décision tient debout. Son examen porte sur les points suivants.

La chaîne de raisonnement. Selon le cadre établi dans l’arrêt Vavilov, une décision raisonnable présente une justification, une transparence et une intelligibilité suffisantes pour que la personne visée comprenne le refus. Des motifs brefs sont admis, vu le volume des décisions rendues par les agents des visas, mais ils doivent rester compréhensibles.

Le traitement de la preuve contradictoire. Un agent qui écarte sans explication un élément de preuve important contredisant directement sa conclusion rend une décision vulnérable.

La cohérence du critère juridique. L’agent doit appliquer l’alinéa 179b) du RIPR, c’est-à-dire évaluer la probabilité du départ, et non un critère plus exigeant qu’il aurait construit lui-même.

L’absence de spéculation. Mentionner le contexte socio-économique ou politique d’un pays sans expliquer comment il agit sur le dossier précis n’est pas une analyse.

Le respect de l’équité procédurale. Le degré d’équité dû à un demandeur de visa se situe au bas de l’échelle, mais il existe. Quand l’agent doute de la crédibilité, de l’exactitude ou de l’authenticité d’un renseignement, il doit permettre à la personne de s’expliquer. Quand la réserve tient à l’insuffisance de la preuve exigée par la loi, cette obligation ne s’applique pas.

La logique interne du programme. Un motif qui contredit l’objet même du super visa, comme le reproche d’avoir de la famille au Canada, ne résiste pas à l’examen.

Exemple pratique

Ce cas est tiré d’un dossier traité par le cabinet. Tous les éléments permettant d’identifier les personnes ont été retirés ou modifiés.

La situation

Un couple de résidents permanents établi en Ontario souhaitait inviter la mère de l’un d’eux, ressortissante d’un pays d’Afrique subsaharienne, pour un séjour prolongé. Trois petits-enfants étaient nés au Canada et la grand-mère n’en avait rencontré aucun. Les deux conjoints travaillaient à temps plein et voulaient cosigner l’invitation.

Le problème

Le projet de lettre présentait le séjour comme un renfort à domicile : la grand-mère viendrait aider pour la garde des enfants et les tâches quotidiennes pendant que les parents travaillaient. Formulée ainsi, la lettre créait deux risques. Elle décrivait des activités qui pouvaient se lire comme du travail non autorisé au sens de l’article 183 du RIPR, et elle décrivait un besoin structurel et durable, ce qui affaiblissait la preuve du caractère temporaire du séjour exigée par l’alinéa 179b) du RIPR.

La règle applicable

L’agent devait être convaincu que la personne quitterait le Canada à la fin de la période autorisée, et l’hôte devait atteindre le revenu vital minimum d’une famille de six personnes, soit les deux conjoints, les trois enfants et la grand-mère invitée.

L’analyse

Le revenu combiné des deux conjoints dépassait le seuil, mais la preuve reposait sur des bulletins de paye récents plutôt que sur les avis de cotisation. Le lien de parenté était établi par le bon document et la police d’assurance offrait la couverture requise. Le point faible n’était donc ni le revenu ni l’assurance : c’était le récit du séjour et la documentation des attaches au pays d’origine, presque absente du projet initial.

Les documents recommandés

  • les avis de cotisation des deux cosignataires pour l’année d’imposition pertinente;
  • la liste nominative des six personnes comptées dans la taille de la famille, avec leur date de naissance, intégrée à la lettre;
  • la police d’assurance payée, nommant l’assureur et indiquant la couverture d’urgence exigée;
  • la preuve du poste occupé par la grand-mère dans son pays, avec une attestation de l’organisme confirmant qu’elle y était attendue au retour;
  • les actes d’état civil établissant que son conjoint restait au pays;
  • la réservation de vol aller-retour.

La stratégie retenue

La lettre d’invitation a été réécrite autour de la réunification familiale, avec une date de début et une date de fin de séjour explicites, et toute mention d’aide domestique a été retirée. Les attaches au pays d’origine sont passées d’une phrase à une section documentée. Les avis de cotisation ont remplacé les bulletins de paye comme preuve principale de revenu. Cette approche vaut pour ce dossier et pour ses faits, et ne préjuge d’aucune décision dans un autre dossier.

Questions fréquentes

Comment obtenir un super visa pour le Canada?

La demande se dépose en ligne dans le portail d’IRCC, depuis l’extérieur du Canada. Il faut être le parent ou le grand-parent d’un citoyen canadien, d’un résident permanent ou d’un Indien inscrit, fournir une lettre d’invitation signée par cet hôte avec la preuve qu’il atteint le revenu vital minimum, souscrire une assurance maladie privée conforme et passer un examen médical chez un médecin désigné.

Quelles sont les conditions pour obtenir un super visa pour le Canada?

Cinq conditions se cumulent : le lien de parenté avec un hôte citoyen canadien, résident permanent ou Indien inscrit, âgé d’au moins 18 ans et résidant au Canada; le revenu vital minimum atteint par cet hôte; une assurance maladie privée d’au moins 100 000 $ valide un an à compter de l’entrée; un examen médical d’immigration; et la conviction de l’agent que le demandeur quittera le Canada à la fin du séjour autorisé.

Quel est le prix d’un super visa?

Les frais de super visa s’élèvent à 100 $ par personne, auxquels s’ajoutent 85 $ de frais de données biométriques lorsqu’ils s’appliquent (IRCC, vérifié le 2026-08-11). Les demandeurs venant d’un pays dispensé de l’obligation de visa ne paient pas les frais de visa. L’assurance, l’examen médical et les frais du centre de réception des demandes s’ajoutent et varient selon le pays.

Quel est le délai de traitement d’une demande de super visa pour le Canada?

IRCC affiche un délai variable selon le pays et renvoie à son outil de vérification des délais de traitement (vérifié le 2026-08-11). Le délai dépend du bureau des visas qui traite le dossier et ne comprend pas le temps nécessaire pour fournir les données biométriques. Il s’agit d’une estimation affichée à une date donnée, et non d’un engagement d’IRCC.

Quelle assurance maladie faut-il pour un super visa?

Une police privée émise par une compagnie canadienne, ou par une compagnie étrangère autorisée par le BSIF ayant émis la police dans le cadre de ses activités d’assurance au Canada. Elle doit être valide au moins un an à compter de la date d’entrée, être payée au complet ou par versements avec un dépôt, couvrir les frais de santé, d’hospitalisation et de rapatriement, et offrir 100 000 $ de couverture d’urgence.

Que doit contenir la lettre d’invitation pour un super visa?

Elle doit être écrite et signée par l’enfant ou le petit-enfant hôte, contenir la preuve qu’il atteint ou dépasse le revenu vital minimum, et présenter la liste et le nombre de personnes comptées dans la taille de la famille, avec le nom et la date de naissance de chacune. L’époux ou le conjoint de fait de l’hôte peut la cosigner. Les frères et sœurs ne le peuvent pas.

Quel revenu faut-il pour inviter ses parents avec un super visa?

Le revenu exigé dépend de la taille de la famille. Selon le barème d’IRCC mis à jour le 29 juillet 2025, il est de 46 720 $ pour trois personnes, de 56 724 $ pour quatre, de 64 336 $ pour cinq et de 72 560 $ pour six, avec 8 224 $ de plus par personne au-delà de sept. Le seuil est celui des régions urbaines de 500 000 habitants et plus, partout au Canada.

Peut-on demander un super visa depuis le Canada?

Non. La demande doit être déposée depuis l’extérieur du Canada, et le visa doit être imprimé à l’extérieur du Canada, après réception des instructions du bureau des visas. Une personne déjà au Canada qui veut prolonger son séjour de visiteur doit plutôt demander une fiche du visiteur avant l’expiration de son statut.

Peut-on travailler ou étudier avec un super visa?

Non. L’article 183 du RIPR interdit à tout résident temporaire de travailler ou d’étudier sans autorisation, et le super visa ne comporte aucune autorisation de ce type. Un permis de travail ou un permis d’études distinct est nécessaire, avec ses propres conditions d’admissibilité.

Peut-on renouveler ou prolonger un super visa?

Deux mécanismes existent et ne se confondent pas. Depuis le Canada, la personne demande une fiche du visiteur avant l’expiration de son statut, pour des frais à partir de 100 $ et un délai affiché de 316 jours le 2026-08-11. Depuis l’étranger, elle dépose une nouvelle demande de super visa, réexaminée au complet, y compris le revenu de l’hôte et l’assurance.

Quelle est la différence entre le super visa et le visa de visiteur?

Le visa de visiteur ordinaire autorise en règle générale un séjour maximal de six mois par entrée et s’adresse à tout visiteur. Le super visa autorise cinq ans par entrée, avec des entrées multiples pendant une période maximale de dix ans, mais il est réservé aux parents et grands-parents et impose l’assurance maladie privée ainsi que le revenu vital minimum de l’hôte.

Peut-on demander un super visa pendant qu’un parrainage est en cours?

Oui. IRCC permet de déposer une demande de super visa en attendant la décision sur un parrainage déjà présenté, ou de retirer le parrainage à tout moment pour demander le super visa. Le paragraphe 22(2) de la LIPR prévoit d’ailleurs que l’intention de s’établir au Canada n’empêche pas d’obtenir un statut temporaire, à condition de prouver le départ à la fin du séjour autorisé.

Que faire si le super visa est refusé?

Obtenez d’abord les notes de l’agent dans le Système mondial de gestion des cas par une demande d’accès à l’information, puisque la lettre de refus est une lettre type. Selon le motif réel, les options sont une nouvelle demande avec une preuve renforcée, un réexamen auprès du bureau des visas, ou une demande d’autorisation et de contrôle judiciaire devant la Cour fédérale, à déposer dans les soixante jours pour une décision rendue hors du Canada.

Quand consulter un consultant réglementé

Une consultation est particulièrement indiquée dans les situations suivantes :

  • une demande de super visa ou de visa de visiteur a déjà été refusée;
  • une lettre d’équité procédurale (LEP) a été reçue;
  • une fausse déclaration est alléguée ou figure déjà au dossier;
  • le revenu de l’hôte se situe près du seuil et l’option des 75 % doit être évaluée;
  • la taille de la famille est difficile à établir, en raison d’un parrainage antérieur ou d’un super visa déjà délivré;
  • le statut de la personne au Canada expire prochainement;
  • les formulaires et les lettres contiennent des contradictions;
  • il existe des antécédents criminels, médicaux ou d’inobservation dans un autre pays;
  • un réexamen ou un contrôle judiciaire est envisagé et le délai court.

Réservez une consultation avec un consultant réglementé. Consultation de 30 minutes : 150 $. Consultation urgente : 250 $. Taxes incluses.

Réserver une consultation

Sources officielles

Date de vérification des sources : 2026-08-11

Cet article fournit des renseignements généraux. Il ne constitue pas un avis juridique personnalisé et ne remplace pas l’analyse complète d’une situation particulière. Les règles, formulaires, frais, critères d’admissibilité et instructions changent régulièrement. Chaque demande est évaluée selon les faits, les documents présentés et le droit applicable au moment de la décision.

Auteur et mise à jour

Ali Hisseine Ladoual, consultant réglementé en immigration canadienne (CRIC R731736), commissaire à l’assermentation (250834), membre du CCIC et de la CAPIC.
Ladoual Immigration Canada Inc.
8850 boul. Saint-Laurent, bureau 6, Montréal (QC) H2N 1M4
438-925-8632 • contact@ladoualimmigration.ca • ladoualimmigration.ca

Dernière mise à jour : 2026-08-11
Prochaine révision prévue : 2027-02-11

Journal des mises à jour

  • 2026-08-11 : publication initiale, avec le barème du revenu vital minimum mis à jour par IRCC le 29 juillet 2025, les frais de 100 $ et de 85 $, la règle des cinq ans applicable aux demandes déposées depuis le 22 juin 2023, le nouveau calcul du revenu de l’hôte en vigueur depuis le 31 mars 2026, et six décisions vérifiées de la Cour fédérale et de la Cour suprême.