Fiche du visiteur au Canada : prolonger son séjour, changer de statut et éviter le refus

Rédigé par Ali Hisseine Ladoual, consultant réglementé en immigration canadienne (CRIC R731736), commissaire à l’assermentation. Dernière vérification : 2026-08-12. Temps de lecture : 22 min.

En bref

La fiche du visiteur est le document d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) qui prolonge votre séjour au Canada à titre de visiteur, ou qui vous fait passer du statut d’étudiant ou de travailleur à celui de visiteur. Ce n’est pas un visa.

La demande se présente au moins 30 jours avant la date d’expiration de votre statut actuel, avec le formulaire IMM 5708 (IRCC, vérifié le 2026-08-12).

Les frais sont de 100 $ par personne pour proroger un séjour de visiteur, et de 246,25 $ pour rétablir un statut de visiteur déjà expiré (barème des frais d’IRCC, vérifié le 2026-08-12).

Le motif de refus le plus fréquent tient en une phrase : l’agent n’est pas convaincu que vous quitterez le Canada à la fin de la période autorisée. Trois éléments pèsent alors, le motif réel de la prolongation, la capacité financière et les liens avec le pays d’origine.

Un refus ne ferme pas la porte. Selon le motif, une nouvelle demande, une demande de rétablissement dans les 90 jours suivant la perte du statut ou un contrôle judiciaire en Cour fédérale restent possibles.

Sommaire

Qu’est-ce que la fiche du visiteur

Chronologie du statut de visiteur au Canada : six mois par défaut sans document, prorogation tant que le statut est valide, rétablissement dans les 90 jours suivant l'expiration, puis fermeture de cette voie.
Prorogation ou rétablissement, la date d'expiration décide, articles 181 et 182 du RIPR.

La fiche du visiteur est le document délivré par IRCC ou par l’Agence des services frontaliers du Canada qui indique la date à laquelle votre séjour au Canada prend fin. Elle prolonge ou limite ce séjour. IRCC le précise dans ses propres termes : la fiche du visiteur n’est pas un visa (canada.ca, vérifié le 2026-08-12).

La distinction avec le visa de visiteur tient à la fonction de chaque document. Le visa de résident temporaire sert à entrer au Canada, il se demande depuis l’étranger et se délivre toujours hors du Canada. La fiche du visiteur sert à rester au Canada, elle se demande depuis le Canada. Si vous préparez encore votre entrée au pays, la démarche à suivre est celle du visa de visiteur canadien, qui obéit à des critères distincts.

La fiche du visiteur est un document indépendant. Elle n’est pas collée dans le passeport, contrairement au visa. Elle porte la nouvelle date d’expiration de votre séjour autorisé.

Ce que la fiche du visiteur permet

  • rester au Canada au-delà de la date inscrite au passeport ou au document actuel;
  • passer d’un permis d’études à un statut de visiteur, sans quitter le pays;
  • passer d’un permis de travail à un statut de visiteur, sans quitter le pays;
  • conserver un statut légal pendant qu’une autre démarche d’immigration se prépare ou se traite.

Ce que la fiche du visiteur ne permet pas

  • elle n’autorise pas à travailler : le résident temporaire ne doit pas travailler sans y être autorisé par le Règlement sur l’immigration et la protection des réfugiés (RIPR, article 183);
  • elle n’autorise pas à étudier sans permis d’études quand celui-ci est requis;
  • elle ne permet pas de rentrer au Canada après un voyage à l’étranger : si votre visa de visiteur est expiré et que vous devez quitter le pays puis revenir, il vous faut un nouveau visa de visiteur, pas une fiche du visiteur (IRCC, Centre d’aide, vérifié le 2026-08-12);
  • elle ne confère aucun droit à la résidence permanente et ne remplace aucune demande de résidence permanente.

Sur la question du retour au Canada, le document d’entrée à vérifier reste le visa ou l’autorisation de voyage électronique (AVE), selon votre nationalité. Une fiche du visiteur valide ne remplace ni l’un ni l’autre.

Qui peut demander une fiche du visiteur

La fiche du visiteur s’adresse aux personnes déjà présentes au Canada avec un statut de résident temporaire valide. Le document utilisé pour entrer au pays, visa de visiteur, autorisation de voyage électronique ou autre, n’a pas d’importance (IRCC, vérifié le 2026-08-12).

Personnes potentiellement admissibles

  • le visiteur, le touriste ou la personne en visite familiale dont la période de séjour autorisée arrive à échéance;
  • l’étudiant étranger qui a terminé ou interrompu son programme et qui souhaite demeurer au Canada à titre de visiteur;
  • le travailleur étranger dont le permis de travail arrive à échéance et qui souhaite demeurer au Canada à titre de visiteur;
  • les parents et grands-parents présents au Canada avec un statut de résident temporaire, qui peuvent utiliser la même trousse de demande (guide 5551 d’IRCC, vérifié le 2026-08-12);
  • chaque membre de la famille immédiate, époux, conjoint de fait et enfants à charge, qui doit présenter sa propre demande sur un formulaire distinct.

Les parents et grands-parents ont souvent une autre option à comparer avant de déposer. Le super visa pour parents et grands-parents autorise des séjours nettement plus longs, mais il se demande depuis l’étranger et impose des conditions de revenu et d’assurance que la fiche du visiteur n’impose pas.

Personnes généralement non admissibles

  • la personne dont le statut de résident temporaire est déjà expiré : elle n’a pas droit à une prorogation, sa voie est le rétablissement de statut dans les 90 jours (guide 5551 d’IRCC);
  • la personne qui se trouve hors du Canada : le visa de résident temporaire se demande et se délivre toujours à l’extérieur du pays;
  • la personne qui n’a pas respecté les conditions de son séjour, par exemple en travaillant ou en étudiant sans autorisation;
  • la personne interdite de territoire pour criminalité, pour raison de santé ou pour fausse déclaration, tant que cette interdiction n’est pas levée;
  • la personne qui cherche à obtenir un premier visa de visiteur ou une autorisation de voyage électronique : ces demandes ne passent pas par cette trousse.

Être admissible ne garantit jamais l’approbation. La fiche du visiteur se refuse tous les jours à des personnes parfaitement admissibles, parce que l’agent n’a pas été convaincu qu’elles quitteraient le Canada à la fin du séjour demandé.

Conditions d’admissibilité

Quatre conditions décident du sort d’une demande de fiche du visiteur. Elles se cumulent : une seule non remplie suffit pour refuser.

Déposer à l’intérieur de la période de séjour autorisée

Les cinq conditions d'admissibilité à la fiche du visiteur au Canada : déposer dans la période de séjour autorisée, avoir respecté les conditions du séjour, convaincre l'agent du départ, disposer de moyens financiers suffisants, détenir un passeport valide.
Les cinq conditions d'admissibilité, articles 179 à 183 du RIPR.

La règle. L’article 181 du RIPR autorise la demande de prolongation seulement si elle est faite à l’intérieur de la période de séjour autorisée. IRCC recommande de déposer au moins 30 jours avant la date d’expiration du statut actuel.

La preuve. La date d’expiration figure sur le timbre apposé dans le passeport à l’entrée, sur la fiche du visiteur précédente, sur le permis d’études ou sur le permis de travail. Sans timbre ni date ni document, le statut de résident temporaire expire six mois après la date d’arrivée au Canada (guide 5551 d’IRCC, vérifié le 2026-08-12).

L’erreur fréquente. Attendre la dernière semaine, puis découvrir qu’un document manque. Le dépôt tardif transforme une prorogation à 100 $ en rétablissement à 246,25 $, quand il reste possible.

La conséquence. Une demande de prorogation déposée après l’expiration du statut est rejetée, et les frais versés ne sont pas remboursés. IRCC le dit explicitement dans le guide 5551 : la décision d’inadmissibilité à la prorogation constitue un traitement de la demande, les droits restent acquis, et il faut ensuite payer les frais de rétablissement.

Avoir respecté les conditions de son séjour

La règle. L’article 181 du RIPR exige que le demandeur se soit conformé aux conditions imposées à son entrée au Canada. L’article 183 du RIPR énumère ces conditions : quitter le Canada à la fin de la période autorisée, ne pas travailler autrement que dans les cas prévus, ne pas étudier sans y être autorisé.

La preuve. Un historique cohérent : dates d’entrée et de sortie, permis successifs, relevés de notes si vous avez étudié, lettres d’emploi si vous avez travaillé avec un permis valide.

L’erreur fréquente. Travailler quelques semaines sans permis en pensant que le montant est trop faible pour être remarqué. L’infraction ressort ensuite au dossier et contamine toutes les demandes suivantes.

La conséquence. Le travail ou les études sans autorisation constituent une infraction à la Loi sur l’immigration et la protection des réfugiés (LIPR) et peuvent mener à une enquête, puis au renvoi du Canada.

Convaincre l’agent que vous quitterez le Canada

La règle. L’article 181 du RIPR renvoie aux exigences de l’article 179, dont l’alinéa b) impose au demandeur d’établir qu’il quittera le Canada à la fin de la période de séjour autorisée. C’est la condition qui fait tomber le plus grand nombre de demandes.

La preuve. Les liens avec le pays d’origine, présentés par des documents et non par des affirmations : titre de propriété ou bail en cours, attestation d’emploi avec congé autorisé et date de retour, inscription scolaire d’un enfant resté au pays, charge d’un parent âgé, entreprise en activité, obligations financières récurrentes.

L’erreur fréquente. Écrire « je retournerai dans mon pays à la fin de mon séjour » sans joindre une seule pièce. Une déclaration d’intention non appuyée ne pèse rien devant un agent qui traite des centaines de dossiers.

La conséquence. Le refus, formulé par une phrase type : l’agent n’est pas convaincu que vous quitterez le Canada à l’échéance de la période de séjour autorisée.

Disposer de moyens financiers suffisants

La règle. L’agent tient compte des moyens de subsistance du résident temporaire au Canada pour fixer la durée du séjour autorisé (RIPR, paragraphe 183(2)). Les lettres de refus délivrées par le Centre de traitement des demandes d’Edmonton mentionnent expressément les moyens financiers dont vous disposez pour subvenir à vos besoins pendant le séjour prolongé et pour quitter le Canada.

La preuve. Des relevés bancaires couvrant les derniers mois, avec les mouvements visibles et l’origine des sommes expliquée. Si un tiers vous soutient, une lettre de prise en charge signée, accompagnée des relevés et des preuves de revenu de cette personne.

L’erreur fréquente. Déposer une seule capture d’écran d’un solde, ou un compte alimenté d’un coup quelques jours avant la demande. Un dépôt important non expliqué inquiète l’agent au lieu de le rassurer.

La conséquence. L’absence de preuve de fonds est un motif de refus autonome, et la Cour fédérale a jugé raisonnable un refus fondé sur ce seul manquement dans l’affaire Ntamag, présentée plus bas.

Détenir un passeport valide pour toute la durée demandée

La règle. La durée de validité du statut de résident temporaire ne peut pas dépasser celle du passeport (guide 5551 d’IRCC, vérifié le 2026-08-12). L’agent tient d’ailleurs compte de la validité du titre de voyage pour fixer la période de séjour (RIPR, alinéa 183(2)c)).

La preuve. La copie des pages du passeport, dont la page d’identité et celle qui porte le timbre d’entrée au Canada le plus récent.

L’erreur fréquente. Demander douze mois de prolongation avec un passeport qui expire dans quatre mois. L’agent accorde alors quatre mois, ou refuse.

La conséquence. Un renouvellement de passeport tardif oblige à redéposer une demande complète, avec de nouveaux frais.

Références juridiques applicables

RéférenceSujetCe que cela signifie en pratique
RIPR, art. 179Exigences du résident temporaireVous devez établir que vous quitterez le Canada à la fin du séjour autorisé, que votre passeport est valide et que vous n’êtes pas interdit de territoire.
RIPR, art. 181Prolongation du séjourLa demande doit être déposée avant l’expiration du statut, et les conditions d’entrée doivent avoir été respectées.
RIPR, art. 182Rétablissement du statutUn délai de 90 jours court à partir de la perte du statut pour demander son rétablissement.
RIPR, art. 183Conditions et durée du séjourSix mois par défaut, interdiction de travailler ou d’étudier sans autorisation, maintien du statut pendant le traitement d’une demande déposée à temps.
RIPR, art. 10 et 12Forme de la demandeUne demande non signée ou incomplète est retournée et considérée comme n’ayant jamais été présentée.
LIPR, par. 22(2)Double intentionVouloir s’établir au Canada un jour n’empêche pas d’obtenir un statut temporaire, si vous prouvez que vous partirez à la fin du séjour autorisé.

Que prévoit l’article 181 du RIPR?

L’article 181 du RIPR pose deux conditions d’entrée pour demander une prolongation de séjour, puis une obligation pour l’agent. Le demandeur doit présenter sa demande à l’intérieur de sa période de séjour autorisée et s’être conformé aux conditions imposées à son entrée au Canada. Si ces deux conditions sont remplies, l’agent prolonge l’autorisation de séjour lorsque le demandeur satisfait toujours aux exigences de l’article 179 du RIPR. Le mot important est « toujours » : l’agent réexamine votre situation actuelle, pas celle qui prévalait à votre arrivée.

Que prévoit l’article 182 du RIPR?

L’article 182 du RIPR ouvre un délai de quatre-vingt-dix jours au visiteur, au travailleur ou à l’étudiant qui a perdu son statut de résident temporaire pour en demander le rétablissement. L’agent rétablit ce statut s’il est établi que la personne satisfait aux exigences initiales de sa période de séjour et qu’elle s’est conformée à toute autre condition imposée. Ce délai de 90 jours n’est pas une tolérance administrative : c’est un droit encadré, qui disparaît au quatre-vingt-onzième jour.

Comment le paragraphe 183(5) du RIPR s’applique-t-il en pratique?

Le paragraphe 183(5) du RIPR est la disposition qui vous permet de rester légalement au Canada pendant qu’IRCC examine votre demande. Si le résident temporaire demande la prolongation de sa période de séjour et qu’aucune décision n’est rendue avant l’expiration de cette période, celle-ci est prolongée jusqu’au moment de la décision. Le paragraphe 183(6) ajoute que le résident temporaire conserve son statut pendant toute cette prolongation. C’est ce mécanisme que l’on appelle couramment le statut implicite ou le maintien du statut. Il ne joue que si la demande a été déposée avant l’expiration du statut, et il ne joue pas pour une demande de permis de séjour temporaire (PST).

Documents à fournir

La liste officielle est la liste de contrôle des documents IMM 5558, jointe au guide 5551 d’IRCC. Une liste personnalisée s’affiche également dans votre compte en ligne au moment de la demande. Les catégories ci-dessous reprennent cette structure et y ajoutent ce que la pratique montre nécessaire.

Documents d’identité et de statut

  • copie des pages du passeport : page d’identité, pages portant les visas canadiens, page portant le timbre d’entrée le plus récent;
  • copie de la fiche du visiteur, du permis d’études ou du permis de travail en cours;
  • copie de l’autorisation de voyage électronique ou du visa de résident temporaire utilisé pour entrer;
  • photographies conformes aux spécifications d’IRCC, si elles sont demandées dans votre liste personnalisée.

Documents propres à la demande

  • formulaire IMM 5708, Demande pour modifier les conditions de séjour, proroger le séjour ou demeurer au Canada comme visiteur, signé;
  • formulaire IMM 5257 Annexe 1 et formulaire IMM 5645 Renseignements sur la famille, quand votre liste de contrôle les exige;
  • formulaire IMM 5476 Recours aux services d’un représentant, si un consultant ou un avocat vous représente;
  • preuve de paiement des droits;
  • lettre de contrôle des données biométriques et reçu, si la biométrie est exigée.

Documents financiers

  • relevés bancaires des quatre à six derniers mois, complets et lisibles, pas une capture de solde;
  • lettre de prise en charge de la personne qui vous soutient, avec ses relevés et ses preuves de revenu;
  • preuve de revenus provenant du pays d’origine : loyers perçus, pension, revenus d’entreprise;
  • preuve de l’assurance maladie privée souscrite pour la durée du séjour demandé.

Documents explicatifs

  • lettre d’explication détaillant le motif de la prolongation et la date de départ prévue;
  • preuves du motif invoqué : rapport médical, acte de naissance, avis de décès, billet d’avion, convocation, correspondance officielle;
  • preuves des liens avec le pays d’origine : attestation d’emploi avec date de reprise, titre de propriété, bail, inscription scolaire des enfants, actes d’état civil;
  • lettre d’invitation de la personne qui vous reçoit au Canada, quand la visite familiale est le motif du séjour.

Pour la lettre de l’hôte, le contenu attendu et la structure sont détaillés dans notre modèle de lettre d’invitation pour le Canada. Une lettre d’invitation ne remplace jamais votre propre lettre d’explication : la première dit qui vous accueille, la seconde dit pourquoi vous restez et quand vous partez.

Documents supplémentaires selon le dossier

  • pour l’ancien étudiant : relevé de notes final, attestation de fin de programme, lettre expliquant pourquoi les études sont terminées ou interrompues;
  • pour l’ancien travailleur : lettre de fin d’emploi, dernier bulletin de paie, copie du permis de travail échu ou en voie d’expiration;
  • pour la personne qui a une demande de résidence permanente en cours : accusé de réception d’IRCC et preuve du dépôt;
  • pour la personne dont le statut est expiré : explication détaillée et datée des circonstances de la perte du statut, exigée par IRCC pour toute demande de rétablissement.

Procédure de demande

La demande se présente en ligne dans la très grande majorité des cas. IRCC n’accepte la demande papier que si un handicap ou un problème technique empêche l’utilisation du service en ligne (guide 5551, vérifié le 2026-08-12).

Étape 1 : vérifier la date d’expiration de votre statut

Regardez le timbre du passeport, la fiche du visiteur précédente, le permis d’études ou le permis de travail. Sans aucun de ces documents, le statut expire six mois après l’arrivée au Canada. Comptez ensuite à rebours : le dépôt vise 30 jours avant cette date.

Étape 2 : déterminer la bonne demande

Les huit étapes de la demande de fiche du visiteur au Canada, de la vérification de la date d'expiration du statut jusqu'à la conservation de la preuve de dépôt.
L'ordre des huit étapes de la demande auprès d'IRCC.

Statut encore valide, c’est une prorogation au titre de l’article 181 du RIPR. Statut expiré depuis moins de 90 jours, c’est un rétablissement au titre de l’article 182 du RIPR, à cocher explicitement dans le formulaire. Statut expiré depuis plus de 90 jours, ni l’une ni l’autre n’est ouverte, et la question devient celle du départ du Canada ou d’un recours distinct.

Étape 3 : réunir les documents

Utilisez la liste de contrôle IMM 5558 et la liste personnalisée générée dans votre compte. Numérisez chaque pièce en entier, sans page manquante. Traduisez les documents qui ne sont ni en français ni en anglais.

Étape 4 : rédiger la lettre d’explication

Cette lettre décide de la demande plus sûrement que le formulaire. Elle répond à quatre questions, dans cet ordre : pourquoi êtes-vous venu au Canada, pourquoi devez-vous rester plus longtemps, comment financez-vous ce séjour, qu’est-ce qui vous attend dans votre pays à la date de départ annoncée. Chaque affirmation renvoie à une pièce jointe numérotée. Une date de départ précise vaut mieux qu’une formule d’intention.

Étape 5 : remplir le formulaire IMM 5708

Cochez le bon service en haut du formulaire, prorogation ou rétablissement. Vérifiez que les dates du formulaire concordent avec celles du passeport et de la lettre d’explication. Signez. Une demande non signée est retournée et considérée comme n’ayant jamais été présentée, ce qui peut faire expirer le délai de 90 jours du rétablissement.

Étape 6 : payer les frais et transmettre

Le paiement se fait en ligne par carte de crédit dans votre compte IRCC. Le paiement doit accompagner la demande : IRCC retourne toute demande présentée sans paiement ou avec un paiement insuffisant, et le traitement ne commence qu’au renvoi du dossier avec le montant exact.

Étape 7 : fournir les données biométriques si elles sont demandées

Les données biométriques ne se fournissent qu’une fois tous les dix ans. Si une lettre d’instructions vous parvient, prenez rendez-vous rapidement : IRCC compte le délai de collecte dans son délai de traitement.

Étape 8 : conserver la preuve de dépôt

Enregistrez l’accusé de réception, le reçu de paiement et la copie complète du dossier soumis, avec la date et l’heure. C’est cette preuve qui établit que la demande a été déposée avant l’expiration du statut, et donc que le statut est maintenu pendant le traitement. Sans elle, une contestation ultérieure devient très difficile à mener.

Délais, durée et droits pendant le traitement

Quel est le délai de traitement affiché?

IRCC publie le délai de traitement de la fiche du visiteur sur son outil de vérification des délais, et le met à jour régulièrement. Ce chiffre bouge d’une semaine à l’autre selon le volume de demandes reçues. Consultez-le le jour où vous déposez, et ne planifiez rien sur un délai lu plusieurs mois auparavant. Le calcul commence à la date à laquelle IRCC reçoit une demande complète et se termine à la décision.

Combien coûte une demande de fiche du visiteur?

ÉlémentMontantSource et date
Proroger votre séjour à titre de visiteur, par personne100 $IRCC, barème des frais, vérifié le 2026-08-12
Rétablir votre statut de visiteur246,25 $IRCC, barème des frais, vérifié le 2026-08-12
Rétablir votre statut d’étudiant, avec nouveau permis d’études396,25 $IRCC, barème des frais, vérifié le 2026-08-12
Rétablir votre statut de travailleur, avec nouveau permis de travail401,25 $IRCC, barème des frais, vérifié le 2026-08-12
Données biométriques, par personne85 $IRCC, exigences en matière de biométrie, vérifié le 2026-08-12
Données biométriques, famille de deux personnes ou plus170 $IRCC, exigences en matière de biométrie, vérifié le 2026-08-12

Les frais ne sont pas remboursables une fois le traitement commencé, quelle que soit la décision finale.

Quelle est la durée du statut obtenu?

La période de séjour autorisée d’un résident temporaire est de six mois, ou de toute autre durée fixée par l’agent (RIPR, paragraphe 183(2)). Trois critères guident l’agent : vos moyens de subsistance au Canada, la durée que vous demandez et la validité de votre passeport. Demander une durée précise, justifiée par le motif du séjour, donne un meilleur résultat que demander le maximum par réflexe.

Peut-on rester au Canada pendant le traitement?

Oui, si la demande a été déposée avant l’expiration du statut. Vous conservez alors votre statut jusqu’à la décision d’IRCC (RIPR, paragraphes 183(5) et 183(6)). IRCC le confirme dans ses instructions : la personne qui présente sa demande avant la date à laquelle elle doit quitter le pays peut rester légalement au Canada jusqu’à la décision. Cette protection ne s’applique pas aux demandes de permis de séjour temporaire (PST).

Peut-on travailler ou étudier pendant le traitement?

Non, pas au titre d’une demande de fiche du visiteur. Le statut de visiteur n’autorise ni le travail ni les études nécessitant un permis. Le travailleur qui demande une fiche du visiteur au lieu d’une prolongation de permis de travail doit cesser de travailler à l’expiration de son permis. La personne qui demande un rétablissement ne peut ni étudier ni travailler tant que le rétablissement et le nouveau permis ne sont pas approuvés (guide 5551 d’IRCC, vérifié le 2026-08-12).

Le travailleur dont une demande de résidence permanente est déjà déposée devrait vérifier une autre voie avant de basculer au statut de visiteur : le permis de travail ouvert transitoire permet, dans certains cas, de continuer à travailler pendant le traitement de la demande de résidence permanente. Passer au statut de visiteur ferme cette possibilité pour la durée du séjour concerné.

Peut-on voyager pendant le traitement?

Vous pouvez quitter le Canada, mais le maintien du statut ne survit pas à la sortie. Si vous quittez le pays sans avoir reçu votre nouveau document, vous devrez présenter une nouvelle demande pour rentrer, au point d’entrée si vous y avez droit ou à un bureau des visas, et payer de nouveau les frais. La décision d’admettre une personne au Canada appartient toujours à l’agent au point d’entrée.

Quand reçoit-on le document?

Si la demande est approuvée, la fiche du visiteur arrive par la poste dans les six semaines suivant la réception de la lettre de décision (IRCC, vérifié le 2026-08-12). Passé ce délai, IRCC invite à le signaler par formulaire Web.

Peut-on demander plusieurs prolongations de suite?

Oui sur le principe. IRCC précise qu’une prorogation peut être demandée autant de fois que souhaité, avec un nouveau formulaire et de nouveaux droits à chaque fois, à condition de démontrer que le séjour reste temporaire. En pratique, chaque prolongation supplémentaire rend cette démonstration plus difficile. Dans l’affaire Ji, présentée plus bas, l’agent a refusé une quatrième prolongation en relevant que le demandeur avait déjà eu suffisamment de temps pour le motif de tourisme invoqué, et la Cour fédérale a jugé ce raisonnement raisonnable.

Particularités québécoises

La fiche du visiteur relève d’IRCC seul. Aucun certificat d’acceptation du Québec (CAQ) n’entre en jeu pour un séjour de visiteur, et le dossier ne passe pas par Arrima.

La question québécoise se pose autrement, au moment où un étudiant international bascule au statut de visiteur. Pour suivre un programme de plus de six mois au Québec, un ressortissant étranger doit détenir deux documents : le CAQ pour études délivré par le gouvernement du Québec, et le permis d’études délivré par le gouvernement du Canada (quebec.ca, vérifié le 2026-08-12). L’étudiant qui passe au statut de visiteur cesse d’étudier. S’il veut reprendre plus tard un programme de plus de six mois, il devra recommencer les deux démarches, CAQ puis permis d’études, et non simplement redemander le permis fédéral.

Le Québec impose par ailleurs à l’étudiant international de faire de ses études sa principale activité et de maintenir une assurance maladie et hospitalisation pour toute la durée du séjour d’études. Le non-respect des obligations rattachées au CAQ peut entraîner son annulation (quebec.ca, vérifié le 2026-08-12). Un étudiant qui a interrompu ses cours avant de demander une fiche du visiteur doit donc expliquer cette interruption dans sa lettre, et non l’omettre.

Le calendrier scolaire québécois mérite une attention particulière. Un programme qui se termine en décembre laisse un permis d’études valide encore quelques mois, ce qui donne le temps de préparer la demande de fiche du visiteur dans les règles. Un abandon en cours de session, lui, fait courir le risque d’une infraction aux conditions du permis d’études, ce qui pèse ensuite sur toute demande suivante.

Erreurs fréquentes des demandeurs

Les erreurs ci-dessous se répètent dans les dossiers que le cabinet reprend après un refus. Elles ne relèvent pas du droit, mais de la préparation.

  • Déposer après l’expiration du statut. La prorogation n’est alors pas ouverte, les frais de 100 $ sont perdus, et il faut payer 246,25 $ de rétablissement. Beaucoup de demandeurs croient à tort que le délai de 90 jours est une prolongation automatique du droit de rester.
  • Envoyer une demande non signée ou incomplète. IRCC la retourne, et elle est réputée n’avoir jamais existé. Une personne dont le statut est expiré peut ainsi voir le délai de 90 jours s’écouler pendant que sa demande fait l’aller-retour.
  • Recycler une lettre trouvée en ligne. Les agents reconnaissent les modèles génériques. Une lettre qui ne nomme aucun fait vérifiable de votre dossier n’apporte rien.
  • Ne joindre aucune preuve des liens avec le pays d’origine. C’est l’erreur la plus coûteuse, parce qu’elle porte sur la condition qui décide du refus.
  • Présenter un solde bancaire sans historique. Un compte crédité d’un montant important peu avant la demande soulève une question au lieu d’y répondre.
  • Demander une durée irréaliste. Un séjour de deux ans demandé sans motif détaillé se lit comme une installation, pas comme une visite.
  • Contredire ses propres formulaires. Une date d’entrée qui diffère entre le formulaire, la lettre et le timbre du passeport devient une question de crédibilité.
  • Omettre un refus antérieur ou une accusation criminelle. L’omission se découvre au dossier et peut mener à une conclusion de fausse déclaration, bien plus grave que le fait omis.
  • Quitter le Canada pendant le traitement. Le maintien du statut ne protège plus après la sortie du territoire, et le retour exige de nouveaux documents.
  • Redéposer une demande identique après un refus. Sans nouvel élément, un second refus est prévisible, et deux refus au dossier pèsent plus lourd qu’un seul.

Motifs fréquents de refus

Les lettres de refus délivrées par le Centre de traitement des demandes d’Edmonton énumèrent les éléments que l’agent étudie avant de rendre sa décision. Ces cinq éléments sont, dans l’ordre de la lettre : les raisons du séjour initial et celles de la prolongation demandée; les liens avec le pays dont vous êtes résident, dont les obligations d’emploi et d’études, les liens et responsabilités familiaux et le statut détenu; les moyens financiers dont vous disposez pour subvenir à vos besoins pendant le séjour prolongé et pour quitter le Canada; les documents de voyage et pièces d’identité; la probabilité que vous quittiez le Canada à l’expiration de votre permis actuel.

Cette grille est la meilleure table des matières possible pour un dossier. Un dossier qui répond point par point à ces cinq éléments, pièces à l’appui, ne garantit rien, mais il ne laisse aucune case vide.

L’agent n’est pas convaincu que vous quitterez le Canada

Les cinq motifs de refus les plus fréquents d'une fiche du visiteur au Canada : doute sur le départ, motif du séjour non établi, capacité financière insuffisante, incohérence du dossier, demande tardive ou incomplète.
Les motifs de refus les plus fréquents, relevés dans les décisions.

Pourquoi l’agent refuse. Le demandeur est présumé vouloir immigrer, et il lui appartient de renverser cette présomption. L’agent compare ce qui vous retient au Canada et ce qui vous rappelle dans votre pays. Un conjoint et un enfant au Canada, aucun emploi ni bien au pays d’origine, et la balance penche du mauvais côté.

La preuve qui manquait. Des documents sur la vie qui continue dans le pays d’origine : contrat de travail suspendu avec date de reprise, bail ou titre de propriété, scolarité d’un enfant, charge d’un parent, activité d’entreprise.

Comment réduire le risque. Annoncer une date de départ précise et la rendre crédible par une pièce, par exemple la date de reprise d’un emploi ou le début d’une année scolaire. Expliquer aussi pourquoi la prolongation demandée a un terme naturel.

Le motif du séjour prolongé n’est pas établi

Pourquoi l’agent refuse. Le motif invoqué est trop général, ou il ne justifie pas la durée demandée. « Visiter la famille » couvre six mois, rarement dix-huit. Une demande qui répète le même motif que la précédente amène l’agent à conclure que le temps déjà accordé était suffisant.

La preuve qui manquait. Un motif daté et documenté : traitement médical avec plan de soins et calendrier, naissance à venir, décès dans la famille, procédure administrative en cours dans le pays d’origine qui empêche le retour immédiat.

Comment réduire le risque. Faire correspondre la durée demandée au calendrier du motif. Si un traitement se termine en mars, demander jusqu’en avril, pas jusqu’en décembre.

La capacité financière est insuffisante ou mal prouvée

Pourquoi l’agent refuse. Le dossier ne montre pas de quoi vivre pendant le séjour demandé ni de quoi payer le retour. La question des moyens de subsistance influence aussi la durée accordée, car l’agent en tient compte pour fixer la période de séjour (RIPR, paragraphe 183(2)).

La preuve qui manquait. Des relevés bancaires complets sur plusieurs mois, l’origine des fonds expliquée, et une lettre de prise en charge documentée quand un tiers paie.

Comment réduire le risque. Chiffrer le budget du séjour dans la lettre d’explication : hébergement, nourriture, assurance, billet de retour. Un budget écrit et cohérent avec les relevés rassure plus qu’un solde élevé sans explication.

Une incohérence devient une question de crédibilité

Pourquoi l’agent refuse. Une contradiction entre le formulaire, la lettre et les pièces jointes conduit l’agent à douter de l’ensemble du récit, et pas seulement du détail contradictoire.

La preuve qui manquait. Une explication des changements survenus depuis la dernière demande, plutôt qu’un silence : fin d’emploi, séparation, échec scolaire, nouvelle naissance.

Comment réduire le risque. Relire le dossier comme le ferait un agent, en cherchant les écarts de dates et de noms. Assumer les faits défavorables et les expliquer, plutôt que de les laisser découvrir.

Les autres motifs relevés dans les décisions

  1. demande de prorogation présentée après l’expiration du statut, donc sans droit;
  2. demande incomplète ou non signée, retournée en application de l’article 12 du RIPR;
  3. non-respect des conditions d’un permis antérieur, notamment le travail ou les études sans autorisation;
  4. omission d’un fait important, dont un refus antérieur ou une accusation criminelle;
  5. catégorie de demande inadaptée à la situation réelle du demandeur;
  6. documents de voyage insuffisants, notamment un passeport dont la validité ne couvre pas la période demandée;
  7. interdiction de territoire pour criminalité ou pour raison de santé.

Que faire après un refus

Un refus de fiche du visiteur ne se conteste pas devant la Commission de l’immigration et du statut de réfugié du Canada (CISR). Les options se répartissent entre une nouvelle demande, des démarches administratives et le contrôle judiciaire en Cour fédérale. La lettre de refus impose d’abord une obligation immédiate : quitter le Canada au plus tard à la date d’expiration du document actuel, et sans délai si ce document n’est plus valide.

Demander le rétablissement du statut

Cette option s’ouvre quand le statut est perdu depuis moins de 90 jours (RIPR, article 182). Elle exige d’expliquer en détail les circonstances de la perte du statut et de démontrer que vous satisfaisez toujours aux exigences initiales de votre séjour. Les frais sont de 246,25 $ pour un statut de visiteur. Le rétablissement ne répare pas un dossier vide : si le refus tenait à l’absence de preuve de fonds ou de liens, la demande de rétablissement doit combler ces lacunes.

Obtenir les notes du Système mondial de gestion des cas

Les notes de l’agent font partie des motifs de la décision. Elles s’obtiennent par une demande d’accès à l’information et de protection des renseignements personnels (AIPRP). C’est la seule façon de connaître le motif réel du refus, qui est souvent plus précis que la case cochée sur la lettre. Aucune stratégie sérieuse ne se bâtit sans ces notes.

Présenter une nouvelle demande

Une nouvelle demande est possible à tout moment, à condition d’avoir encore un statut valide ou d’être dans le délai de rétablissement. Elle n’a de sens qu’accompagnée d’éléments nouveaux : les pièces qui manquaient, l’explication des contradictions relevées, une durée demandée révisée. Redéposer le même dossier produit le même résultat.

Demander un réexamen

Le réexamen administratif s’adresse aux erreurs manifestes : un document au dossier que l’agent n’a pas vu, une pièce mal associée, une erreur de saisie. Il ne sert pas à refaire valoir la même preuve autrement. Il n’existe aucun droit au réexamen, et la démarche ne suspend aucun délai.

Répondre à une lettre d’équité procédurale (LEP)

Quand IRCC soupçonne une fausse déclaration ou un fait non divulgué, une lettre d’équité procédurale précède parfois le refus. Le délai de réponse est court et il figure dans la lettre. La réponse doit traiter la préoccupation exprimée, avec des preuves, et non se contenter de la nier. Une préoccupation qui découle directement des exigences du Règlement ne donne toutefois pas droit à une telle lettre, comme la Cour fédérale l’a rappelé dans l’affaire Ntamag, présentée plus bas.

Déposer une demande de contrôle judiciaire

Le contrôle judiciaire se dépose à la Cour fédérale. Il ne rejuge pas le dossier : il vérifie si la décision est raisonnable et si la procédure a été équitable. Si la Cour accueille la demande, elle annule la décision et renvoie le dossier à un autre agent pour nouvelle décision, comme dans l’affaire Coins, présentée plus bas. Les délais pour déposer sont courts et se comptent à partir de la communication de la décision, ce qui rend une consultation rapide nécessaire.

Envisager une autre voie

Quand le délai de 90 jours est écoulé et qu’aucun statut ne peut être rétabli, la question change de nature. Selon la situation familiale et les risques encourus, une demande fondée sur des considérations humanitaires au titre de l’article 25 de la LIPR peut être examinée. Cette voie est exigeante et n’est jamais un substitut de confort à une demande temporaire mal préparée.

Aucune de ces options n’est automatique. La stratégie dépend du motif réel du refus, pas du motif supposé, et ce motif se lit dans les notes de l’agent.

Jurisprudence importante

Quatre décisions de la Cour fédérale encadrent la fiche du visiteur, la prorogation de séjour et le rétablissement de statut. Chacune est présentée avec le sens de son dispositif, parce qu’une décision qui énonce un principe favorable peut avoir rejeté la demande.

Coins c. Canada (Citoyenneté et Immigration), 2025 CF 349

Tribunal : Cour fédérale

Question juridique : l’agent peut-il conclure au refus d’un rétablissement de statut de visiteur en se fondant surtout sur les liens familiaux du demandeur au Canada?

Principe : l’agent peut apprécier les facteurs qui incitent une personne à rester au Canada, mais il doit soupeser cette conclusion contre la preuve contraire au dossier, dont les efforts du demandeur pour conserver un statut légal, ses antécédents d’immigration conformes et la double intention prévue au paragraphe 22(2) de la LIPR. Le but temporaire initial du séjour n’a pas à demeurer inchangé, seule l’existence d’un but temporaire est exigée.

Résultat : demande de contrôle judiciaire accueillie, en faveur du demandeur. La décision est annulée et l’affaire renvoyée à un autre agent.

Paragraphes pertinents : par. 18 à 28

Application pratique : un conjoint ou un enfant au Canada n’est pas en soi une raison de refuser. Documentez vos démarches passées pour rester en règle, elles constituent une preuve que la Cour a jugée pertinente.

Asije c. Canada (Citoyenneté et Immigration), 2024 CF 479

Tribunal : Cour fédérale

Question juridique : une demande de prolongation de fiche du visiteur retournée parce qu’elle n’était pas signée conserve-t-elle sa date de dépôt initiale?

Principe : une demande incomplète n’est pas une demande au sens de la LIPR et du RIPR. Elle est retournée en application de l’article 12 du RIPR et cesse d’exister, de sorte que la date du premier envoi n’est pas préservée. La demanderesse s’est ainsi retrouvée hors du délai de 90 jours du rétablissement.

Résultat : demande de contrôle judiciaire rejetée, en faveur du ministre. Aucune question certifiée.

Paragraphes pertinents : par. 16 à 25

Application pratique : une signature manquante peut coûter le statut. Vérifiez la signature, le paiement et chaque pièce de la liste de contrôle avant l’envoi, et gardez une marge de plusieurs semaines avant toute échéance.

Ntamag c. Canada (Immigration, Réfugiés et Citoyenneté), 2020 CF 40

Tribunal : Cour fédérale

Question juridique : une ancienne étudiante peut-elle invoquer le délai de 90 jours de l’article 182 du RIPR pour obtenir un statut de visiteur après l’expiration de son permis d’études?

Principe : l’article 182 du RIPR sert à rétablir le statut préexistant, pas à obtenir un statut de résident temporaire différent de celui détenu avant la demande. La Cour distingue la nouvelle demande visant un autre statut, qui relève des articles 179 et 192 du RIPR, et le rétablissement, qui relève de l’article 182. Elle ajoute que l’agent n’est pas tenu d’envoyer une lettre d’équité procédurale quand sa préoccupation découle directement des exigences du Règlement.

Résultat : demande de contrôle judiciaire rejetée, en faveur du ministre. Aucune question certifiée.

Paragraphes pertinents : par. 9 à 22

Application pratique : l’étudiant ou le travailleur qui veut passer au statut de visiteur a intérêt à déposer sa demande pendant que son permis est encore valide. Attendre l’expiration pour se reposer sur le délai de 90 jours expose à un refus, et la preuve de fonds ainsi que les liens avec le pays d’origine restent exigés dans tous les cas.

Ji c. Canada (Citoyenneté et Immigration), 2026 CF 456

Tribunal : Cour fédérale

Question juridique : l’agent peut-il refuser une quatrième prolongation de fiche du visiteur au motif que le demandeur a déjà eu suffisamment de temps pour le but de sa visite?

Principe : l’agent bénéficie de la présomption d’avoir examiné toute la preuve. Le refus est raisonnable lorsque le demandeur ne présente aucune preuve de liens familiaux, professionnels ou scolaires avec son pays d’origine, et que le motif du séjour est resté le même au fil de plusieurs prolongations.

Résultat : demande de contrôle judiciaire rejetée, en faveur du ministre.

Paragraphes pertinents : par. 12 à 16

Application pratique : chaque prolongation supplémentaire élève l’exigence de preuve. À partir de la deuxième, le dossier doit expliquer pourquoi le motif du séjour n’est toujours pas épuisé et documenter à nouveau les liens avec le pays d’origine.

Ce que les tribunaux examinent

La Cour fédérale contrôle une décision sur la fiche du visiteur selon la norme de la décision raisonnable, énoncée dans l’arrêt Canada (Ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration) c. Vavilov, rendu par la Cour suprême du Canada. Elle ne substitue pas son appréciation à celle de l’agent. Elle vérifie que la décision tient debout au regard de la preuve et du droit.

  • La preuve importante a-t-elle été examinée. Un agent n’a pas à commenter chaque document, mais il ne peut pas passer sous silence une preuve qui contredit directement sa conclusion. C’est ce qui a fait annuler la décision dans l’affaire Coins.
  • Le bon critère juridique a-t-il été appliqué. Un agent qui exige une condition que le Règlement ne prévoit pas rend une décision inintelligible. Dans l’affaire Coins, l’agent avait exigé la preuve d’un parrainage approuvé à la première étape, exigence sans fondement réglementaire.
  • La double intention a-t-elle été prise en compte. Le paragraphe 22(2) de la LIPR permet à une personne de demander la résidence permanente tout en demandant un statut temporaire, si elle établit qu’elle partira à la fin du séjour autorisé.
  • Les motifs sont-ils justifiés, transparents et intelligibles. Les notes du Système mondial de gestion des cas font partie des motifs. Des notes qui alignent des facteurs sans les soupeser peuvent être jugées insuffisantes.
  • L’équité procédurale a-t-elle été respectée. Le degré d’équité dû est faible pour ce type de demande. Une lettre d’équité procédurale n’est pas requise quand la préoccupation découle directement du Règlement, selon l’affaire Ntamag.
  • L’agent a-t-il spéculé. Conclure qu’une personne restera illégalement sans preuve en ce sens, et malgré des antécédents d’immigration conformes, dépasse ce que la preuve permet.

Exemple pratique

Cet exemple provient d’un dossier réel du cabinet, anonymisé. Aucun détail permettant l’identification n’y figure.

La situation

Une personne d’Afrique de l’Ouest, entrée au Canada pour une visite familiale dans la région de Montréal, a demandé une fiche du visiteur pour prolonger son séjour de quelques mois. Elle a rempli le formulaire seule, joint une courte lettre et une photo de son solde bancaire. Le Centre de traitement des demandes d’Edmonton a refusé.

Le problème

La lettre de refus reprenait la formule type : l’agent n’était pas convaincu que la personne quitterait le Canada à l’échéance de la période de séjour autorisée. Le dossier ne contenait aucune pièce sur la vie qui continuait dans le pays d’origine, et le motif de la prolongation n’était appuyé par aucun document.

La règle applicable

L’article 181 du RIPR renvoie aux exigences de l’article 179, dont l’obligation d’établir que le demandeur quittera le Canada à la fin de la période autorisée. La capacité financière et les liens avec le pays d’origine sont les deux ensembles de preuves qui servent à établir cette intention.

L’analyse

Le refus ne portait pas sur l’admissibilité de la personne, qui était intacte, ni sur le respect des conditions de son séjour, qui n’était pas en cause. Il portait sur l’absence de preuve. Le statut n’était pas encore expiré au moment de la reprise du dossier, ce qui laissait ouverte la voie d’une nouvelle demande plutôt que celle du rétablissement, plus coûteuse et plus exigeante.

Les documents recommandés

  • relevés bancaires complets sur plusieurs mois, avec explication de chaque entrée importante;
  • lettre de prise en charge de l’hôte, accompagnée de ses preuves de revenu et de son statut au Canada;
  • attestation d’employeur du pays d’origine confirmant le congé et la date de reprise;
  • titre d’occupation du logement conservé dans le pays d’origine;
  • pièces d’état civil établissant les personnes à charge restées au pays;
  • lettre d’explication chiffrant le budget du séjour et annonçant une date de départ précise.

La stratégie retenue

Les notes du Système mondial de gestion des cas ont d’abord été demandées, pour connaître le motif réel du refus plutôt que la case cochée. Une nouvelle demande a ensuite été montée pendant que le statut était encore valide, avec une durée demandée réduite et alignée sur le motif documenté. Chaque affirmation de la lettre renvoyait à une pièce numérotée. Aucun résultat ne se promet dans ce type de dossier : ce qui se contrôle, c’est la qualité de la preuve soumise et le respect du calendrier.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre une fiche du visiteur et un visa de visiteur?

Le visa de visiteur sert à entrer au Canada, la fiche du visiteur sert à y rester plus longtemps. Le visa se demande depuis l’étranger et se colle dans le passeport. La fiche du visiteur se demande depuis le Canada, elle est un document indépendant du passeport, et elle indique la nouvelle date d’expiration de votre séjour. La fiche du visiteur n’est pas un visa et ne permet pas de rentrer au Canada après un voyage.

Où puis-je trouver le numéro de ma fiche du visiteur?

Le numéro figure sur le document lui-même, délivré par IRCC ou par l’Agence des services frontaliers du Canada, à côté de la date d’expiration du séjour autorisé. Il apparaît aussi dans votre compte en ligne IRCC, avec le numéro de la demande et votre identificateur unique de client. Conservez une copie numérisée du document : il sert de preuve de statut pour de nombreuses démarches.

Combien coûte une demande de fiche du visiteur?

Les frais sont de 100 $ par personne pour proroger un séjour à titre de visiteur, selon le barème des frais d’IRCC vérifié le 12 août 2026. Si votre statut est déjà expiré, la demande de rétablissement du statut de visiteur coûte 246,25 $. Des frais de biométrie de 85 $ par personne, ou de 170 $ pour une famille de deux personnes ou plus, peuvent s’ajouter.

Quel formulaire faut-il remplir pour une fiche du visiteur?

Le formulaire est l’IMM 5708, Demande pour modifier les conditions de séjour, proroger le séjour ou demeurer au Canada comme visiteur. Il s’accompagne de la liste de contrôle des documents IMM 5558 et du guide 5551 d’IRCC. Le même formulaire sert à la prorogation et au rétablissement de statut : le service demandé se coche en haut du formulaire.

Peut-on faire une demande de fiche du visiteur en ligne?

Oui, et c’est la règle. IRCC exige la demande en ligne pour la plupart des demandeurs, et n’accepte la demande papier que si un handicap ou un problème technique empêche l’utilisation du service en ligne. La demande se dépose dans un compte sécurisé IRCC, créé avec une CléGC ou un partenaire de connexion, et le paiement se fait par carte de crédit au moment de la soumission.

Quels documents faut-il fournir pour une demande de fiche du visiteur?

Il faut le formulaire IMM 5708 signé, les copies du passeport dont la page portant le timbre d’entrée, la preuve de paiement, des preuves financières couvrant le séjour et le retour, et une lettre d’explication documentée. Les preuves de liens avec le pays d’origine sont déterminantes. Votre liste de contrôle personnalisée, générée dans votre compte IRCC, précise les pièces exigées dans votre cas.

Combien de temps faut-il attendre pour recevoir la fiche du visiteur?

Le délai de traitement est publié par IRCC sur son outil de vérification des délais et change régulièrement : consultez-le le jour de votre dépôt. Une fois la demande approuvée, la fiche du visiteur arrive par la poste dans les six semaines suivant la réception de la lettre de décision, selon IRCC. Passé ce délai, signalez-le à IRCC par formulaire Web.

Peut-on renouveler une fiche du visiteur?

Oui. IRCC permet de demander une prorogation autant de fois que souhaité, avec un nouveau formulaire et de nouveaux droits chaque fois, à condition de démontrer que le séjour demeure temporaire. Chaque renouvellement rend cette démonstration plus exigeante. Dans l’affaire Ji, décision de la Cour fédérale rendue en 2026, une quatrième prolongation a été refusée parce que le motif de la visite n’avait pas changé et que les liens avec le pays d’origine n’étaient pas établis.

Un étudiant peut-il changer son permis d’études en fiche du visiteur?

Oui. IRCC prévoit expressément le changement de statut d’étudiant étranger à visiteur, avec le formulaire IMM 5708. La demande doit être présentée au moins 30 jours avant l’expiration du permis d’études. Le passage au statut de visiteur met fin au droit d’étudier. Déposer pendant que le permis d’études est encore valide est nettement préférable à attendre son expiration.

Un travailleur peut-il passer au statut de visiteur?

Oui. Le changement de statut de travailleur à visiteur se demande avec le formulaire IMM 5708, au moins 30 jours avant l’expiration du permis de travail. Le travailleur doit cesser de travailler à l’expiration de son permis, même si sa demande de fiche du visiteur est en traitement. Un travailleur dont la demande de résidence permanente est déposée devrait d’abord vérifier son admissibilité au permis de travail ouvert transitoire.

Peut-on travailler ou étudier avec une fiche du visiteur?

Non. La fiche du visiteur confère un statut de visiteur, qui n’autorise ni le travail ni les études nécessitant un permis. L’article 183 du RIPR impose au résident temporaire de ne pas travailler et de ne pas étudier sans y être autorisé. Travailler ou étudier sans autorisation constitue une infraction à la LIPR et peut mener à une enquête, puis au renvoi du Canada.

Que faire si mon statut est déjà expiré?

Une prorogation n’est plus possible : la voie est la demande de rétablissement du statut, ouverte pendant 90 jours à partir de la perte du statut selon l’article 182 du RIPR. Le formulaire IMM 5708 sert aussi à cela, en cochant le rétablissement et en expliquant en détail les circonstances de la perte du statut. Les frais sont de 246,25 $. Passé 90 jours, cette voie se ferme.

Peut-on rester au Canada pendant le traitement de la demande?

Oui, si la demande a été déposée avant l’expiration du statut. Les paragraphes 183(5) et 183(6) du RIPR prolongent la période de séjour jusqu’à la décision, et le résident temporaire conserve son statut pendant cette prolongation. Ce maintien du statut ne survit pas à une sortie du Canada, et il ne s’applique pas aux demandes de permis de séjour temporaire (PST).

Que faire après un refus de fiche du visiteur?

Demandez d’abord les notes du Système mondial de gestion des cas par une demande d’accès à l’information et de protection des renseignements personnels (AIPRP), pour connaître le motif réel du refus. Selon ce motif, une nouvelle demande documentée, une demande de rétablissement dans les 90 jours ou un contrôle judiciaire en Cour fédérale peuvent être envisagés. La lettre de refus exige de quitter le Canada à la date d’expiration du document actuel.

Quand consulter un consultant réglementé

Une consultation est particulièrement indiquée dans les situations suivantes :

  • une demande de fiche du visiteur a déjà été refusée;
  • le statut est expiré, et le délai de 90 jours court;
  • une lettre d’équité procédurale (LEP) a été reçue;
  • une fausse déclaration est alléguée, ou un fait n’a pas été déclaré dans une demande antérieure;
  • le statut expire dans moins de 30 jours;
  • les formulaires et les documents contiennent des dates ou des faits contradictoires;
  • il existe des antécédents criminels ou médicaux;
  • la bonne catégorie de demande est incertaine, entre prorogation, rétablissement, permis de travail et permis d’études;
  • un réexamen ou un contrôle judiciaire est envisagé.

Réservez une consultation avec un consultant réglementé. Consultation de 30 minutes : 150 $. Consultation urgente : 250 $. Taxes incluses.

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Sources officielles

Date de vérification des sources : 2026-08-12

Cet article fournit des renseignements généraux. Il ne constitue pas un avis juridique personnalisé et ne remplace pas l’analyse complète d’une situation particulière. Les règles, formulaires, frais, critères d’admissibilité et instructions changent régulièrement. Chaque demande est évaluée selon les faits, les documents présentés et le droit applicable au moment de la décision.

Auteur et mise à jour

Ali Hisseine Ladoual, consultant réglementé en immigration canadienne (CRIC R731736), commissaire à l’assermentation (250834), membre du CCIC et de la CAPIC.
Ladoual Immigration Canada Inc.
8850 boul. Saint-Laurent, bureau 6, Montréal (QC) H2N 1M4
438-925-8632 • contact@ladoualimmigration.ca • ladoualimmigration.ca

Dernière mise à jour : 2026-08-12
Prochaine révision prévue : 2027-02-12

Journal des mises à jour

  • 2026-08-12 : publication initiale. Frais, formulaires et conditions vérifiés sur canada.ca et sur le barème des frais d’IRCC. Dispositions du RIPR vérifiées sur le texte du Règlement. Quatre décisions de la Cour fédérale vérifiées par lecture du dispositif.